J.-P. Debeaupuis [1], Société d'Histoire du Vésinet, 2012.

Des centres de recherches au Vésinet

A la fin des années cinquante, le premier ministère de la Santé publique et de la Population de la Ve République voulut développer les recherches dans le domaine des sciences sociales et "doter la France des moyens modernes nécessaires aux études statistiques et d'épidémiologie". On décida d'implanter un centre technique de l'Equipement sanitaire et social dans le grand parc de l'Etablissement National des Convalescentes du Vésinet (ENCV), l'ancien Asile impérial.


Photo aérienne, juillet 1933, IGN.


Photo aérienne, avril 1957, IGN.


Photo aérienne, mai 1961 IGN.


Photo aérienne, avril 1968 IGN

La construction de ce centre fut confiée aux architectes J.M. Lafon et E. d'Allens. Bien que le bâtiment de l'ENCV et son parc n'aient pas encore été inscrits à l'inventaire supplémentaire à l'époque (ils le seront en 1998), des mesures méticuleuses furent prises pour épargner les arbres centenaires du parc, comme l'explique une plaquette éditée pour l'occasion par le Ministère, et dissimuler autant que possible les bâtiments sous les frondaisons. Le chantier débuta en octobre 1960. Le centre fut inauguré en 1961, par le ministre Joseph Fontanet.

Projet de Centre de Recherches du Ministère de la Santé publique et de la Population
édifié au Vésinet entre le 3 octobre 1960 et le 3 février 1961.

La pose de la première pierre ... (non datée)

 

Quelques années plus tard, une autre partie de ce même parc vit s'installer le Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), créé en 1956 et basé au Centre d'Energie Atomique (CEA) à Châtillon. Son installation au Vésinet avait été décidée en novembre 1959. Il disposera dans ses locaux du Vésinet d'un personnel ayant une double formation : biologistes et physiciens. Les différents services opèraient le contrôle des retombées radioactives sur les échantillons provenant de toutes les stations et points de prélèvements, analysent les prélèvements d'humeurs pour la contamination radioactive interne humaine, le contrôle des installations médicales et industrielles pour lequel il disposait de laboratoires mobiles qui regroupent en un seul véhicule absolument autonome toutes les activités essentielles du service : spectrométrie gamma humaine, radioanalyse, dosimétrie physique et photographique, etc.

En 1964, l'Institut National d'Hygiène (INH) créé en 1941, regroupant les moyens de recherches du ministère de la Santé publique et de la Population, devint l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale plus connu sous son acronyme « Inserm ». L'organigramme présenté au premier conseil d'administration du 24 octobre 1964, indique que l'essentiel des services techniques rattachés au nouvel institut sont ou seront implantés au Vésinet. Ce sont :

Le Service de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), dirigé par le professeur Pierre Pellerin [2].

Le Centre de Recherche sur la Pollution atmosphérique et l'Hygiène de l'Environnement (CRPA), dirigé par le professeur André Roussel [3].

La Recherche Médico-Sociale et Epidémiologique, dirigée par le docteur Lucie Laporte, qui deviendra la DRMS [4].

La création au sein de l'Inserm d'une division spéciale, la Division de la Recherche Médico-Sociale (DRMS) découlait d'une volonté de développer une recherche autre que biomédicale. La DRMS recevait en fait pour mission principale d'assurer l'information et la recherche en santé publique, activité d'origine de I'INH. L'essentiel de la DRMS se trouvait initialement à Boulogne-Billancourt. Une partie, renforcée, vint s'installer au Vésinet en 1961 (Bâtiments B). Le centre tout neuf accueillait une douzaine d'équipes d'épidémiologistes, et un centre de calcul doté de moyens informatiques très performants pour l'époque.

Formations Scientifiques et Techniques constituant la Division de la Recherche médico-sociale du Vésinet (annuaire 1972)

    Chef de la Division, Dr Lucie LAPORTE

    Adjoints au Chef de la Division, Dr Madeleine GUIDEVAUX, Dr Denise MINVIELLE

    Information en Santé Publique, Dr Madeleine GUIDEVAUX

    Centre de langue française pour la classification des maladies de l'Organisation Mondiale de la Santé, Dr Madeleine GUIDEVAUX

    Recherche sur les problèmes de Santé Publique liés à l‘Environnement social, Dr Françoise DAVIDSON

    Recherche en actions de Santé Publique, Dr François CHICOU

    Nutrition, Dr Georges PEQUIGNOT

    Mère et Enfant, Dr Claude RUMEAU-ROUQUETTE

    Maladies Transmissibles (autres que la Tuberculose), Dr Gilbert MARTIN-BOUYER

    Tuberculose et Affections Respiratoires, Dr Alice LOTTE

    Cancer, Dr Maurice BRUNET

    Cardiologie, Dr Jacques-Lucien RICHARD

    Psychiatrie — Santé Mentale, Dr Raymond SADOUN

    Méthodes statistiques, épidémiologiques et informatiques appliquées aux problèmes de Santé Publique, Dr Françoise HATTON

    Bureau des Etudes (Démographie—Sociologie—Économie médicale-Recherche opérationnelle), Dr Denise MINVIELLE

L'autre équipe de recherche (CRPA) dans le domaine biomédical, installée au Vésinet dans le même parc en 1964 (le groupe de Bâtiments A) disposait de locaux de bureaux pour des services administratifs et de documentation, de plusieurs ateliers (mécanique, menuiserie, électronique) et deux étages de laboratoires classiques, auxquels était adjointe une animalerie. Son centre d'intérêt était la pollution atmosphérique et l'environnement, préoccupations très novatrices à un moment ou personne ou presque ne connaissait encore le mot "écologie". Le Centre s'était doté d'un service de documentation d'avant-garde, qui mettait systématiquement sur microfiches plusieurs centaines de périodiques scientifiques. [5]
La DRMS et le CRPA partageaient la même adresse au 44, rue du Chemin-de-Ronde, tandis que le SCPRI, totalement enclos dès l'origine avait sa propre entrée au 31, rue de l'Ecluse. [6]
En 1964, à la demande de Louis Bugnard, directeur de l'INH, le Pr Pellerin avait accepté d'accueillir dans ses locaux, à titre provisoire, une équipe de Toxicologie alimentaire dirigée par le Dr Ph. Lafont. Mais ni la section nutrition (bâtiment B), ni l'hygiène de l'environnement (bâtiment A) ne disposant de locaux suffisants, la situation provisoire perdura jusqu'en 1970, date à laquelle le Dr Lafont obtint l'autorisation d'élever dans la parc un nouveau bâtiment, préfabriqué, doté d'une animalerie indépendante. Ce service, initialement rattaché à l'Unité 1 de l'Inserm (Nutrition & Alimentation, Pr Trémolières, Hôpital Bichat) occupa toujours une situation particulière, tant du point de vue administratif (Unité 1bis !) que scientifique, sans lien direct avec les autres équipes du Centre de Recherche du Vésinet. Il sera fermé en 1984.
En 1967, apparut un Ministère de la Recherche Scientifique confié à Louis Joxe, et l'Inserm découvrit les charmes de la double tutelle. Puis en 1968, à l'occasion d'une nouvelle réorganisation ministérielle, la DRMS fut placée sous la double tutelle "Affaires Sociales" et "Recherche scientifique", tandis que les autres équipes (CRPA) relevaient d'une autre double tutelle: "Santé" et "Recherche scientifique".
En 1972, le départ du Pr Roussel, posa le problème du devenir du CRPA. Il fut divisé en plusieurs équipes indépendantes dont une seule demeura finalement au Vésinet (l'Unité 123, du Dr Maurice Stupfel). Le service de documentation devint un Service Commun National (n°2) dit "Signalement & Microfiches".


Centre de Recherches, entrée principale.

La place ainsi libérée fut alors attribuée à la jeune Unité du Pr Henri Matthieu (U.120), étroitement logée au Centre International de l'enfance, à Longchamp. Cette nouvelle équipe, partagée entre le Vésinet pour ses activités de Recherche et l'Hôpital Boussicaut pour ses activités cliniques, illustre bien le problème que posa le développement anarchique du Centre de Recherche du Vésinet dans les années qui suivirent: une hétérogénéité croissante des thématiques d'une part, l'écartèlement géographique entre la recherche biologique et la recherche clinique d'autre part.
Pourtant, le Conseil Scientifique de l'INSERM avait exprimé en 1973 (5 février) la volonté de faire du Centre du Vésinet "un véritable Centre de l'Environnement". Les Commissions scientifiques spécialisées avaient, au même moment, demandé la création au Vésinet d'unités sur les additifs alimentaires et sur le bruit pour répondre aux attentes du ministre Louis Marcellin. Un comité scientifique chargé de superviser le travail des jeunes équipes du Vésinet, comptant entre autres les Prs Buttiaux, Derache, Cier et Mathé, avait même été constitué.
En 1973, le regroupement des Ministères des Affaires Sociales et de la Santé Publique sous un seul grand "Ministère de la Santé" (confié à Michel Poniatowski) fut l'occasion de dissoudre la DRMS dans l'Inserm qui s'enrichit ainsi de nouvelles Unités de recherches indépendantes dédiées à l'épidémiologie et de plusieurs Services Communs nationaux ou régionaux.
Au Vésinet, ce rapprochement se traduisit par la constitution d'un grand centre unifié. Il fut aussi marqué par l'installation d'une clôture entre l'ENCV (l'ancien Asile impérial et ses dépendances) au nord et l'espace occupé par les bâtiments de l'Inserm, au sud.
Le Centre de Recherches Inserm du Vésinet comptait alors plus de 300 chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs, étudiants et stagiaires de nombreuses nationalités, répartis dans 17 formations (Unités de recherches, Services Communs régionaux ou nationaux, Sections, Centre de Calcul, Services techniques ou documentaires, ateliers, entrepôts ...).

Formations Scientifiques et Techniques constituant le Centre de Recherches du Vésinet (annuaires 1978-1982)

    U. 1bis, Toxicologie Alimentaire (Dr Philippe Lafont)

    U. 120, Métabolisme hydro-minéral (Pr Henri Matthieu)

    U. 123, Mécanismes physiopathologiques des nuisances de l'Environnement (Pr Maurice Stupfel)

    U. 149, Recherches épidémiologiques sur la mère et l'enfant (Dr Claude Rumeau-Rouquette)

    U. 164, Systèmes de soins et prévention (Dr François Hatton)

    U. 163, Maladies transmissibles et accidents toxiques (Pr Gilbert Martin-Bouyer)

    U. 179, Epidémiologie et aspects socio-économiques de la tuberculoses et des maladies respiratoires (Dr Simone Perdrizet)

    SC. 2, Signalement & Microfiches (M. Philippe Guillaumet)

    SC. 6, Dessins & photos (M. Jacques Point)

    SC. 8, Information sur les causes médicales de décès (Dr Françoise Hatton)

    SC. 9, Statistiques sanitaires relatives aux Maladies transmissibles (Pr Gilbert Martin-Bouyer)

    SC. 25, Mécanographie et Informatique (Dr Françoise Laurent)

    SC. 28, Microbiologie appliquée à l'alimentation et à la Nutrition (Dr Philippe Lafont)

    SC. 99, Service de Micro-cinéma (M. Marcel Pourchelet)

    Section Nutrition (Pr Georges Pequignot)

    Comité Français d'Education pour la Santé

    Services Techniques, Ateliers, Garage

Cette apparente unification n'existait cependant que sur le papier, car aucune organisation administrative n'avait été prévue et la gestion du centre (alimentation des chaufferies, gestion des infrastructures, entretien des bâtiments et du parc) restait paradoxalement confiée au directeur du SCPRI, service voisin et totalement séparé du Centre Inserm par des clôtures électrifiées. Marquée par une concurrence territoriale à peine dissimulée, la relation entre les deux organismes était réduite au strict nécessaire.
En 1978, un secrétaire général fut nommé (M. Canaméras) avec à sa disposition une équipe administrative. Le Centre de Recherches du Vésinet connut alors une sorte d'âge d'or. Le parc, jusque là totalement livré à lui-même, envahi de ronces, jonché d'arbres morts, fut défriché et régulièrement entretenu.
En 1982, partageant la tutelle du ministère de la Santé et celle de la Recherche, l'Inserm devint un établissement public à caractère scientifique et technique (EPST). L'année suivante, le secrétariat général du Vésinet évolua vers une Administration Déléguée Régionale (ADR) dirigée par Maurice Brun, avec des attributions étendues. Le Centre de Recherche du Vésinet constituait à lui seul l'ADR n°3, dans la nouvelle organisation décentralisée de l'Inserm qui comptait alors 17 ADR.
Trois ans plus tard, l'équipe administrative, toujours implantée au Vésinet prit en charge, outre les formations du Vésinet (il n'y en a plus que 7), une douzaine d'autres, localisées dans le nord-ouest de Paris et de la proche banlieue.
Si cette réorganisation administrative avait été salutaire à la vie quotidienne des personnels disposant désormais d'une cantine (fréquentée aussi par les agents de la Poste de tous les environs) et à l'état du parc encore remarquablement boisé, elle ne remédiait en rien aux principaux inconvénients de cette localisation pour des Unités de recherches : l'isolement scientifique.
La grande disparité thématique des équipes rendait très improbable l'acquisition en commun d'équipements lourds, de plus en plus sophistiqués et onéreux. Les collaborations, peu favorisées par l'hétérogénéité des sujets étudiés, étaient encore compliquées par quelques rivalités personnelles ou inimitiés, particulièrement au sein des équipes de l'ancienne DRMS. Après quelques années d'euphorie, plusieurs directeurs d'Unités annoncèrent leur souhait d'être délocalisés. Le mouvement commença en 1984 par la fermeture administrative de plusieurs formations vidées de leur contenu humain et intellectuel. Les meilleurs éléments avaient rejoint des équipes parisiennes implantées dans les grands centres hospitalo-universitaires, l'Institut Pasteur ou l'Institut Gustave Roussy à Villejuif. D'autres, profitant d'un effort sans précédent de développement de pôles régionaux, gagnèrent la province. En outre, les évolutions technologiques considérables dans le domaine de l'informatique, des moyens de calcul, d'archivage, de documentation, rendaient obsolètes les équipements et les méthodes employés au Vésinet.

En 1984, à l'occasion du 20e anniversaire de l'Inserm, une opération "portes ouvertes" et une exposition furent organisées au Vésinet. Une série de conférences données au C.A.L. (sigle du Centre des Arts & Loisirs devenu depuis le Théâtre du Vésinet - Alain-Jonemann) était censée faire découvrir à la population du Vésinet ce mystérieux voisin. Un article dans le Bulletin municipal (n°68, septembre 1984) avait le même objectif. L'occasion fut surtout de constater une ignorance réciproque se traduisant par le manque de public aux conférences et aux portes ouvertes, et la difficulté à trouver des conférenciers et des guides ! Il est vrai que cette "découverte mutuelle" se déroulait tandis que plusieurs équipes "faisaient leurs malles".

En 1991, la réduction des effectifs justifia la suppression de l'ADR du Vésinet et le rattachement administratif du Centre de Recherches du Vésinet [7] à l'ADR "Paris-Nord" installée à Bagnolet (93). Les locaux du Vésinet, abandonnés par les chercheurs, furent alors dédiés aux Archives (1991-2005), à la formation permanente et accueillirent de nombreux "Ateliers de formation" de 1989 à 2000. Ceux-ci n'avaient cependant pas le succès escompté, conjuguant l'inconvénient de l'éloignement de Paris, de la Gare (obligation de contourner le parc) et du manque d'infrastructure hôtelière dans le voisinage. La direction générale qui se faisait prier pour accorder les moyens nécessaires à la survie du centre, y renonça tout à fait après les dégâts causés par la tempête de décembre 1999.
En 2010, alors que le Centre Inserm n'existe plus sur le papier depuis près de dix ans, la dernière équipe [8] quitte enfin le Vésinet pour le Kremlin-Bicètre. En 2013, les bâtiments seront démolis.

Les bâtiments abandonnés (2011) avant leu démolition.

***

    Notes

    [1] Ancien ingénieur de recherche, ancien chargé de mission au département d'évaluation et suivi des programmes de l'Inserm.

    [2] le SCPRI (Service Central de Protection contre les rayonnements Ionisants), service technique du Ministère de la Santé et du Ministère du Travail institué par l'arrêté du 13 novembre 1956. Aux termes de cet arrêté, le SCPRI " effectue des recherches sur la protection contre les rayonnements ionisants et en particulier sur l'établissement des normes, sur les méthodes de mesure et sur les techniques de prévention, pratique toutes mesures, analyses ou dosages permettant la détermination de la radioactivité ou des rayonnements". Il a été placé au sein de l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, à la création de celui-ci, en 1964. Sur le plan international, en 1969 l'Organisation Mondiale de la Santé a désigné le SCPRI comme Centre, International de Référence pour la recherche sur la pollution radioactive de l'environnement, A ce titre, le SCPRI a coopéré notamment avec les laboratoires correspondants de plus de 20 pays des deux hémisphères.
    Devenu l'OPRI (Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants) en 1994 puis IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) en 2002.

    [3] Le CRPA (Centre de Recherche sur la Pollution Atmosphérique) avait une double vocation d'animation d'une thématique très novatrice pour l'époque : Problème de la localisation des industries et des activités polluantes ; Répertoire des multiples sources de pollution ; diversité des polluants; estimation des tonnages émis dans le monde entier; problèmes liés à l'émission de dioxyde de carbone; etc. et d'autre part l'étude physiopathologique de toxiques environnementaux y compris dans l'origine des cancers. Le départ de André Roussel en 1973 donna lieu à la création de plusieurs unités : outre le laboratoire de Toxicologie de Claude Boudène (Inserm, Unité 122 implantée en 1973 à Châtenay-Malabry), l'Unité de Maurice Stupfel (Inserm U. 123, au Vésinet), l'équipe de Georges Rudali (Toxicologie appliquée à la Cancérologie, au Vésinet) qui n'obtint pas le statut d'Unité faute d'avoir pu se développer.

    [4] La DRMS (Division de la Recherche Médico-Sociale) coordonnait onze Sections que rapprochaient, au delà de leur caractère spécialisé, des objectifs communs et une unité des méthodes. Les études ayant pour but de fournir des informations pour l'action médicale et sanitaire, en traitant des problèmes de Santé intéressant non seulement l'individu, mais la collectivité du fait de leurs incidences médicales, sociales et économiques. Les statistiques courantes et des études particulières permettant d'apprécier la fréquence et la distribution des maladies.
    Les recherches épidémiologiques tendaient de mettre en évidence les facteurs étiologiques, les facteurs de risque, les facteurs pronostiques et le rôle de certaines mesures thérapeutiques et préventives.
    Les études sur les actions de Santé Publique portaient sur les moyens et les méthodes permettant d'améliorer l'état de santé de la population par l'utilisation optimale des connaissances scientifiques et des ressources disponibles. Les sections pouvaient être classées en trois catégories: 1) celles ayant une mission d'information générale sur la santé de la population et sur les actions de santé publique;
    2) celles étudiant des domaines spécialisés de la pathologie; 3) celles qui s'attachaient à promouvoir les méthodes de recherche.

    [5] Le service de documentation du Centre de Recherche sur la Pollution atmosphérique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, A. Roussel & C. Marcie - Documentaliste (n°spécial), 1 janvier 1966, p. 57-58.

    [6] Dans les "Souvenirs" de M. Aujaleu, premier directeur général de l'INSERM, on peut lire :"Quant au Service central de protection contre les rayonnements ionisants, le SCPRI, il avait été créé sous la tutelle de l'INH sous la direction du Pr Pellerin. Mais Pellerin qui était comme Bugnard un physicien ne s'entendait pas très bien avec lui. Quand on a installé l'INSERM qui reprenait la tutelle du SCPRI, je ne comprenais pas très bien les raisons de leur différend. Bref, j'ai laissé Pellerin tranquille et il a travaillé (pas toujours avec l'adresse souhaitée), mais son bazar marchait quand même, bien qu'il ait gardé une grande autonomie dans son fonctionnement."
    Il avoue aussi les raisons de l'incohérence des implantations: « J'ai profité du fait que le ministère de la Santé possédait un domaine au Vésinet et j'y ai mis quelques-uns de nos services, comme les statistiques sur les causes de décès. Mais les déplacements entre l'avenue Mozart, Boulogne et Le Vésinet, que de temps perdu et c'est au moment où j'ai quitté la maison, en 1969, qu'on a commencé d'envisager le site de Tolbiac où l'INSERM est désormais installé. »

    [7] Le vocable Centre de Recherches du Vésinet tendait d'ailleurs à disparaître au profit de Centre Inserm du Vésinet, plus réaliste.

    [8] CépiDc ou Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès, dirigé par le Dr E. Jougla.


Société d'Histoire du Vésinet, 2012-2016 - www.histoire-vesinet.org