D'après Cyril Grange, CNRS et Centre Roland Mousnier (UMR 8596) "La Photo de l'éclipse de 1912" in "Histoire des Familles, PUPS, 2007.

L'Eclipse de 1912 à la Villa Marguerite

Pour cet événement [1], Henri et Berthe Bruhl avaient eux aussi quitté Paris où ils habitaient avenue de Messine, et rejoint leur villa La Marguerite au Vésinet, celle-là même qui avait été la propriété d'Alphonse Pallu.


La villa "La Marguerite" du temps d'Alphonse Pallu
(Louis A. Boileau, architecte; La semaine des constructeurs, 1880-1881)

Ils avaient réuni là nombre de leurs proches. La situation du Vésinet sur la trajectoire exacte de la ligne où l’éclipse serait totale rendait le spectacle encore plus passionnant.
La plupart des invités étaient alliés aux Bruhl ou à la famille de Berthe Bruhl née Zadoc-Kahn, plus rares étaient les amis proches. Du côté Bruhl, cependant, certains manquaient, Ils s’étaient retrouvés chez le frère d’Henri, Paul Bruhl et sa seconde femme Marguerite Casevitz, qui avaient organisé une réunion identique dans leur propre villa située à Chatou, conviant également les membres de leurs familles.
Quant à Etienne Bruhl, le fils unique d’Henri et de Berthe, et son cousin Robert Levi, ils avaient préféré prendre leur bicyclette et se rendre sur la Terrasse de Saint-Germain-en-Laye.

Au Vésinet, Berthe Bruhl avait invité ses frères et soeurs tous accompagnés de leur famille: Hélène et Anna et leurs maris Julien Weill et Israël Levi, tous les deux rabbins, Léon et Suzanne née Lang, Edmond et Hélène née Braun, Paul et Jane née Lang. Elle avait aussi fait signe à quelques membres plus éloignés des familles Zadoc-Kahn ou Meyer (la mère de Berthe était née Ernestine Meyer).
Henri Bruhl avait accueilli sa soeur Alice avec son mari le philosophe Lucien Lévy-Bruhl, son cousin Emile Lévy, ou encore Sophie Weill, née Adler, cousine germaine de son père; il avait aussi accueilli des membres de la famille de sa mère, Eugénie Hadamard. Il y avait la belle-soeur de celle-ci, Louise Hadamard née Hatzfeld, sa fille Lucie Hadamard et son mari, l’ex-capitaine devenu chef de bataillon Alfred Dreyfus, l’ancien prisonnier de l’île du Diable. Il y avait aussi un cousin plus éloigné, le mathématicien Jacques Hadamard avec sa femme Louise Trenel et leurs enfants.

Alfred Dreyfus

Enfin, parmi les amis proches, André Mayer, le futur professeur d’histoire naturelle des corps organisés au Collège de France, était accompagné de quatre de ses élèves. En tout soixante-quatre personnes s’étaient retrouvées au Vésinet, villa Marguerite, pour observer l’éclipse.

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    [1] L'éclipse du 17 avril 1912, la première éclipse totale de soleil du XXe siècle.


Société d'Histoire du Vésinet, 2009 - www.histoire-vesinet.org