D'après Flax, Les hommes du Jour, 21 Août 1909 (deuxième année). — N° 83

Pierre MERLOU

Ah ça ! qu'est-ce donc que ce Merlou, au nom symbolique, autour duquel éclatent des coups de revolver ? Voilà un personnage qui ne peut plus mettre les pieds en France - depuis que, pour le récompenser de ses bons et loyaux services de politicien, on l'a pourvu d'un poste agréable, au lointain — sans qu'immédiatement des femmes se lèvent, des balles sifflent, des victimes tombent. Ce Don Juan sexagénaire ne peut plus faire un pas, le malheureux, sans trébucher sur quelque coeur blessé et il se promène à travers les catastrophes sentimentales.
Ce n'est pas que les aventures amoureuses d'un gigolo de soixante ans soient extrêmement intéressantes. Mais ce bougre-là n'est pas seulement un bourreau des coeurs; il est aussi le représentant de la France à Lima ; il a été député et ministre. A ces titres-là, il nous a paru utile de le saisir et de voir ce qu'il avait dans la peau. Un ministre qui tombe les femmes avec autant d'aplomb et de finesse et qui fait tranquillement son chemin, avec leur secours, vous comprenez que ça ne se trouve pas tous les jours. Pour être juste, il faut reconnaitre que les Merlous sont rares dans l'aquarium parlementaire. Sauf quelques honorables exceptions, ces messieurs n'ont pas encore songé à utiliser ce genre de sport; ils se contentent des affaires louches, des pots de vin, des tripotages, du commerce des croix et des grâces. Mais depuis l'arrivage d'Aristide, il semble cependant que la casquette revienne au premier plan et nous allons voir bientôt petits et gros Merlous remonter â la surface des eaux.

Nous avons donc voulu suivre le Merlou et essayer de le déshabiller. A la vérité, la besogne n'était pas facile. Nous aurions été fort embarrassés pour nous diriger à travers les louches histoires qui garnissent la carrière de Merlou. Heureusement, un explorateur plus hardi nous avait devancé sur cette route. Notre confrère André Gaucher, actuellement détenu à la Santé pour crise de lèse-magistrature, a pu nous communiquer le volume qu'il écrivit, voici deux ans, sur le cas de cet extraordinaire Merlou. Nons avons lu le bouquin. Seigneur quelle épouvantable et vomitive histoire que celle de ce parlementaire sans le sou, sans talent, sans moyens, écumeur sans scrupules à l'affût de toutes les occasions louches, lorgnant les appas et surtout les réticules des petites femmes. Ah oui quel édifiant et suggestif roman, capable de tenter Balzac. Et dire que Merlou n'a pas bronché. Il pouvait poursuivre l'auteur, qui racontait crûment les choses, s'apesantissait encore sur les détails et voilait à peine les noms de certains personnages d'un pseudonyme discret et transparent. Et Merlou n'a rien poursuivi. Il n'a pas remué le bout du petit doigt pour confondre son violent accusateur. Dédain, dira-t-on ? Quelques mois après éclataient les coups de revolver de Mme d'Allemagne, qui, après le livre, mettaient encore plus en évidence la conduite du bonhomme. Il faut donc tenir le récit de Gaucher pour conforme à la vérité. Son livre nous donne la psychologie exacte et approfondie du politicien ondoyant et toujours vert. C'est dans ce livre et pas ailleurs qu'il faut chercher les éléments de la biographie du Merlou. Cherchons donc et voyons à quel type nous avons affaire.

Pierre Merlou, 1909

Les Hommes du jour
Publication hebdomadaire paraissant le samedi
Dessin de A. Delannoy, texte de Flax
21 Août 1909. — n°83 (deuxième année)

 

Son Excellence Pierre Merlou est née à Denguin, département des Basses-Pyrénées, en l'an 1849. Premiers détails : le jeune Merlou a grandi sur la terre béarnaise, parmi toute une nichée de petits Merlou, une douzaine au moins. Le père, chrétien et homme de devoir, élevait rudement ses enfants. Il remarqua, de bonne heure, l'intelligence précoce et éveillée du petit Pierre et le fit placer, avec l'aide d'une tante fortunée, au collège d'Oluron, chez les prêtres, puis au lycée de Pau. Il parait qu'au lycée de Pau, Pierre Merlou fut un élève exceptionnel. Les distributions de prix furent pour lui des journées de gloire et de triomphe. Bientôt, ses études terminées, il songea à se consacrer à la médecine et vint à Paris se faire inscrire à la Faculté.
Hélas ! à Paris, la vie est dure pour les étudiants sans fortune. Merlou en fit bientôt l'expérience. D'autant que le jeune homme se sentait de féroces appétits. Il rêvait de la puissance que donne l'argent et de conquêtes féminines. Des années passèrent ainsi. Il travaillait avec une sorte d'acharnement. Déjà on disait de lui qu'il ferait un "remarquable chirurgien". Il devenait l'élève d'un illustre professeur. L'avenir commençait à lui sourire. Mais brusquement, voilà que tout croule. Un beau jour, il rencontre une actrice de l'Odéon dont il devient éperdument amoureux, et le voilà qui renonce à tous ses projets de riche mariage pour épouser cette jeune fille sans dot et sans influence. C'est la première gaffe de l'Excellence, péché de jeunesse dont il subira les conséquences toute sa vie et dont il traînera l'amer regret.
Pourtant, il lui faut gagner son existence. Reçu médecin, il va se fixer dans l'Yonne, à Saint-Sauveur [1]. Mais la médecine lui rapporte peu. Le praticien raté se jette alors dans la politique, ce débouché de toutes les nullités. Il collabore à une feuille radicale-socialiste de l'endroit et écrit un article qui fait sensation : Place aux pauvres. En 1880, il est nommé maire de la commune de Saint-Sauveur; puis il devient conseiller général. Enfin, en 1889, le voilà député de la deuxième circonscription d'Auxerre. Il revient à Paris, mais, cette fois, avec une famille de quatre personnes et ses appointements de député. Ce n'est pas encore la fortune — loin de là — mais c'est le commencement. Avec un mandat de député, un homme habile, sans talent et sans scrupule, peut aller très loin.

C'est à ce moment qu'il rencontra Mme Addey, jeune femme très élégante, riche et indépendante, menant cette existence qu'on est convenu de qualifier de mondaine. Tout de suite, le docteur Merlou, qui avait assumé la charge de soigner la jeune Madame Addey, vit l'effet que produisait sur l'esprit de cette femme son bagout énorme et sa situation de député. Il résolut d'en profiter. Il s'appliqua à faire la cour à Mme Addey. N'oublions pas que le bonhomme était marié et père de famille. Bientôt, après un siège savant, Merlou put pénétrer dans la place. Il devint l'amant de Mme Addey, l'élégante mondaine.
Amant d'une des plus jolies et des plus fortunées femmes de Paris, c'était, certes, quelque chose. Mais notre Merlou visait plus loin. Nous avons dit que Mme Addey avait de la galette et que Merlou n'en avait pas. L'opération consistait donc à faire passer un peu de l'argent que la maîtresse avait en trop dans la poche vide de l'amant. Pour cela, vous ne pensez pas que Merlou allait s'y prendre de la façon commune aux chevaliers des boulevards extérieurs. Le malin avait d'autres cordes à son arc. Il s'occupait, au Palais-Bourbon, d'affaires financières, de combinaisons louches. Il s'agissait donc d'intéresser Mme Addey à ces affaires et de la persuader de lâcher un peu de son argent que lui, Merlou, se chargerait de faire fructifier, mais sur lequel il toucherait une honnête commission.
Et ce fut bien là ce qui se produisit. Déjà Merlou avait expliqué à son amie comment il vivait petitement, dans une situation médiocre. "Je n'ai malheureusement, lui écrivait-il, à t'offrir que l'affection la plus sincère. Mais il entendait qu'on lui offrit davantage, à lui.
Encore une fois, nous prenons ces détails dans le volume si curieux d'André Gaucher [2]. Nous n'inventons rien. Nous résumons seulement cet ouvrage qui est un essai ingénieux et réussi de roman vivant et documenté, où les personnages, photographiés, sont exposés carrément, sans voile et sans fard, avec leurs noms véritables et leurs aventures réelles. Nous nous serions bien gardés, d'ailleurs, d'apporter de telles précisions, dont nous n'avons d'autres témoignages — mais plus que suffisants — du silence prudent gardé par Merlou et des coups de revolver éclatant après le livre.

Mais, poursuivons. Voici un extrait des lettres que Merlou écrivait alors à sa belle:

"Hélas! il me faut me mêler aux luttes municipales, aux querelles civiles, aux discussions égoïstes, sans qu'une pensée généreuse puisse élever votre esprit. Enfin! ce sont les exigences de mon métier de politicien, et il faut bien que je les subisse sans murmurer."

(3 mai 1900.)

Et tout en subissant ces rudes exigences, le pauvre Merlou continuait à se débattre dans la gêne. Il empruntait de l'argent partout où il le pouvait, à sa famille, à ses électeurs.

"Pourtant un accueil cordial m'est fait et les quelques galvaudeux à qui j'ai fait l'honneur d'emprunter quelques malheureux sous sont incapables d'altérer ma popularité"
(22 septembre 1894.)

Cette médiocrité et cette gêne auraient pu persister longtemps encore, lorsque Merlou mit enfin la main sur une bonne affaire. Il s'agissait des Sulfures de Sicile. C'était une affaire montée par Oppenheim. L'émission venait d'être lancée. Il fallait à Merlou, une somme de vingt-cinq mille francs. Il courut les demander à sa maîtresse, qui l'adressa à sa mère à laquelle elle écrivit, sous la dictée du député:

"Voici les renseignements que je suis prié de vous donner. Le monopole de l'exploitation des Sulfures de Sicile a été attribué, par le gouvernement italien, à une Société à la tête de laquelle sont MM. Florio, de Palerme, Oppenheim, de Paris, et Macquard, de Bruxelles...
De l'avis de MM. Oppenheim, ces actions vont rapporter, dès la première année, 15 à 20 %, et la seconde de 25 à 30 %. C'est, disent-ils, l'affaire la meilleure et la plus sûre..., etc...
"

On le voit. Le député Merlou se faisait le rabatteur d'une louche société financière, et l'affaire lancée n'était autre chose qu'une vaste escroquerie. Et à qui s'adressait-il ? à sa maîtresse, et, par elle, à sa mère. Ses projets, naturellement, réussirent. Les vingt-cinq mille balles furent versées. Par la même occasion, une amie de Mme Addey, Mme Bergé, celle qui précisément vient, dernièrement, d'essuyer des coups de revolver de sa rivale, marcha d'une somme rondelette. Merlou encaissa paisiblement ses commissions.
Après, ce fut l'affaire des huîtres de Concarneau, où l'on vit Merlou opérer pour le compte de sa belle-mère de la main gauche et délaisser subitement les bancs du Palais-Bourbon pour les bancs de Concarneau. Il se livre à de louches négociations, espionne, voyage aux frais de la famille Addey, se fait payer largement ses démarches et ses déplacements. Bref, il aboutit à dépouiller une veuve Coutin au profit de la mère de sa maîtresse. D'où un procès scandaleux et ruineux. Par la même occasion, Merlou s'occupait de l'éclairage de Saïgon et faisait verser à la famille de Mme Addey quelque chose comme soixante-cinq mille francs. Finalement, les choses s'embrouillèrent. Merlou, qui venait d'avoir un fils de Mme Addey et prétendait vouloir placer sur sa tête la propriété des bancs de Concarneau, fut averti par sa maîtresse que "ça ne marchait plus". il répondit par cette lettre :

"L'attitude de Mme Dantoy n'est nullement faite pour m'étonner. Je le déplore, parce qu'elle prive le petit Pierre d'une propriété qui lui appartenait légitimement et dont on le dépouille avec la prestesse et la désinvolture d'un véritable cambrioleur."
(8 octobre 1897)

Abrégeons. Nous ne sommes pas très à notre aise dans toutes ces histoires d'argent, de sulfures et d'huîtres. La conclusion, c'est que Merlou, d'affaire en affaire, finit par ruiner entièrement Mme Addey et sa belle-mère. A ce moment, il songea à plaquer sa maîtresse et se mit en quête d'une nouvelle femme à exploiter.
Il tomba sur Mme Bergé, l'amie de Mme Addey. Avec cette dernière, femme de tête et d'orgueil, les affaires marchèrent plus rondement. A la même époque, Merlou, qui avait été réélu député (1893, 1898, 1902), devint rapporteur du budget des finances, puis rapporteur général du budget et il profita largement de sa nouvelle situation, d'autant qu'il avait gagné la confiance de Rouvier. Dire les manoeuvres de Merlou, à cette époque, est chose presque impossible. Le roublard s'enrichit. Quand Rouvier devint président du Conseil, le 26 janvier 1905, Merlou réussit à se faire agréer comme sous-secrétaire d'Etat aux finances. La fortune lui souriait décidément. En juin 1905, Merlou devenait ministre des finances.
Pendant ce temps, Mme Addey, complètement ruinée, était oubliée pour la nouvelle élue, Mme Bergé. Elle multipliait ses lettres de supplication. Elle l'implorait au nom de leur enfant. Mais le digne M. Merlou ne daignait même pas s'occuper de son fils qui mourut d'une tuberculose intestinale sans que le père parut s'en soucier. Alors, l'amante délaissée, la mère désespérée devint furieuse. Elle résolut de se venger. Un jour, elle accosta Merlou en plein couloir du Palais-Bourbon et le souffleta. Quelque temps après, elle le frappa de son parapluie, gare Saint-Lazare. Ces deux scandales furent étouffés.
Le 14 mars 1906, Merlou venait de dégringoler du ministère avec Rouvier. Il s'était montré, d'ailleurs, parfaitement incapable ; ses interventions à la tribune furent jugées médiocres. Il faut croire qu'à ce moment les récriminations de Mme Addey, la peur de sa vengeance, la crainte du scandale qui pouvait éclater, le déterminèrent à renoncer à la carrière politique. Mais en revanche, il se fit nommer par Pichon comme ministre plénipotentiaire à Lima (Pérou).
Malheureusement, il ne se pressa pas assez pour partir. Cela permit à Mme Addey de se livrer à une nouvelle manifestation qui, cette fois, ne put être étouffée. Le 28 novembre 1906, à cinq heures du soir, au moment où Merlou passait sur les boulevards, ayant à son bras Mme Bergé, Mme Addey, dite d'Allemagne, tira sur lui quatre coups de revolver et le blessa légèrement. Arrêtée, elle déclara qu'elle était l'ancienne maîtresse de Merlou; que celui-ci l'avait abandonnée avec son enfant, mort depuis, et qu'elle était ruinée par ses manoeuvres. Au procès qui s'ensuivit, les faits que nous venons de rapporter succinctement furent produits en pleine audience par Me Henri-Robert. Merlou raconta bien qu'il avait longtemps servi une pension de cinq cents francs par mois à Mme Dallemagne. Mais cela parut peu vraisemblable aux jurés qui acquittèrent la maîtresse du ministre.
Après ça, Merlou partit pour Lima. Il fut accueilli là-bas par des huées. On commençait à l'oublier lorsque, ces jours derniers, il revint en France pour poser sa candidature à la place de commissaire à la Dette égyptienne. Il paraissait devoir réussir lorsque, patatras ! Addey fit sa réapparition et tira de nouveaux coups de revolver, cette fois sur sa rivale, Mme Bergé. Et voilà un nouveau scandale qui a fait rater sa place à ce pauvre Merlou, lequel, depuis quelque temps, n'a pas de veine avec les femmes. [3]

Voilà donc l'histoire de ce personnage éminemment représentatif, sorti de Bel-Ami politique, séducteur et détrousseur de femmes, d'un égoïsme déconcertant et d'une goujaterie évidente. Notre époque de bas parlementarisme produit de tels échantillons. Des chenapans se présentent dans l'arène politique: ils ont l'estomac creux et les dents longues. Tous les moyens leur sont bons. Le mensonge, le vol, le trafic, n'importe. Il faut qu'ils arrivent et qu'ils s'enrichissent. Ils arborent n'importe quelle étiquette, celle à la mode, celle qui leur assurera la réussite. Et des bandes se succèdent. Et le bon populo, le populo des électeurs, marche toujours.
Toutefois, soyons véridiques et justes. Dans nos recherches parmi la faune politique, nous n'avions pas rencontré encore un type aussi complet que ce Merlou. Aristide n'est auprès de lui qu'un pauvre hère. Nous avions examiné des bandits de finance, des renégats, des maîtres-chanteurs, des policiers. Nous n'avions pas observé encore des merlous. Aujourd'hui, nous voilà satisfaits: nous sommes en pleine merloucratie. Voici les habiles qui se hissent par les femmes, les conquérants roublards qui arrivent derrière les jupons. La casquette prend sa place dans la République bourgeoise. Le gigolo est à l'ordre du jour.
Autrefois, on se plaignait des Du Barry et des Pompadour entretenues par des rois. Aujourd'hui, ce sont les courtisanes qui nous offrent nos rois. Ça nous coûte seulement un peu plus cher. Car il ne faudrait pas croire que Merlou est le seul de son espèce, dans le marécage politique. Ils sont au moins deux douzaines de députés, anciens ministres et ministres qui traînent derrière eux des histoires de femmes aussi édifiantes que celle de ce médicastre révolvériser. Saint-Nazaire, Blanche d'Antigny, Léonide Leblanc, la fille Chevalier. Un jour, il faudra écrire un volume sur l'influence des femmes sous la Troisième République. Il y aura de curieuses choses à noter.

Notes :
[1] C'est une autre femme qui devait, aux yeux de la postérité. tirer de Pierre Merlou, don juan indélicat, la plus terrible vengeance. Entre 1887 et 1890, Gabrielle-Sidonie Colette a fréquenté l'école de Saint-Sauveur, son pays natal. De ses souvenirs scolaires, poussée par son mari le publiciste Willy, elle tire en 1900 un roman: Claudine à l'école. Or, l'un des personnages centraux du livre, le docteur Dutertre, emprunte bien des traits au député-maire Merlou. Le personnage cumule tous Les défauts : magouilleur, alcoolique, coureur de jupons, non content d'être l'amant des deux institutrices, les grandes filles du Brevet sont l'objet de ses avances, Colette comme les autres... Un portrait au vitriol, en grande partie imaginaire, qui ne s'explique pas seulement par le souci de plaire à un certain public avide de "piment". Colette, elle aussi, règle ses comptes, ou plus exactement ceux de son père, Jules Colette, dont les ambitions politiques ont été contrariées en 1880 par le succès de son adversaire Merlou aux élections cantonales. Les faits divers les plus tumultueux finissent par sombrer dans l'oubli mais non les chefs d'oeuvre romanesques. Par la grâce de Claudine à l'école, le sulfureux député de Puisaye a conquis une trouble immortalité.(voir M. Boisvin, Pierre Merlou et Jules Colette en campagne. Cahier Colette n° 10.)
 

[2] Son excellence M. Merlou, par André Gaucher, Société nouvelle d'éditions parisiennes, 1906.
 

[3] Dans cet acharnement meurtrier, certains adversaires politiques du député ont assurément joué un rôle: Madame Dallemagne a été successivement défendue par Charles Philippe, gendre d'Albert Gallot, le propriétaire du journal L'Yonne, puis par Henri-Robert, un proche du même Gallot. Celui-ci ne pardonnait pas à Merlou d'avoir contribué à la fondation, en 1898, du Bourguignon, rival de son propre journal. Mais c'est à la vindicte farouche de son ex-maîtresse que Merlou doit la ruine de sa carrière: Les adversaires de M. Merlou ne pouvaient lui contester son bongarçonnisme aimable et jovial. Il ne l'a pas préservé des haines les plus sauvages. Cherchez la femme! dit-on souvent dans les crimes demeurés mystérieux. Peut-être, dans ce cas spécial, doit-on la chercher encore [L'Indépendant, 14 novembre 1906].


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