Le Vésinet, revue municipale, n°77, décembre 1986

Les trente ans du S.C.P.R.I.

Le 16 octobre 1986, à l'occasion du 30e anniversaire de la fondation du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI) Mme Michèle Barzach [1], Ministre Délégué à la Santé et à la Famille, a visité les laboratoires du SCPRI, accompagnée de ses proches collaborateurs, de M. le Professeur Girard, directeur général de la Santé, de Monsieur Delafosse, directeur des Hôpitaux, ainsi que de M. Jean-Pierre Delpont, Commissaire de la République, de M. Eradès, Commissaire Principal de Police et de notre Maire, M. Alain Jonemann. Une visite dirigée par M. le Professeur Pellerin directeur du SCPRI et son adjoint, le Professeur Chanteur.
Des mesures inattendues ont été annoncées par le Ministre de la Santé, Michèle Barzach, lors de sa visite au SCPRI. Après la catastrophe de Tchernobyl et pour éviter toute "psychose collective", due au manque d'information devant cette technologie nouvelle, Michèle Barzach opte pour le renfort de l'information.
Début 1987, des bases de données sur la radioactivité et des informations en radio-protection seront mises en service sur minitel et par téléphone. En un temps record, on saura par une carte radioactive de la France si telle ou telle région est atteinte.
De plus, en cas d'urgence, une cellule téléphonique apportera des réponses à toutes questions sur la radio-protection. En situation normale, cinq spécialistes répondront à toute demande d'informations quant à la réglementation, les applications pratiques et d'une manière générale les conseils d'hygiène des radiations.
Ce fut l'occasion pour le Ministre de la Santé de « mettre un terme aux inquiétudes infondées quant à des prétendus effets des retombées de Tchernobyl dans notre pays ». Et d'ajouter « Il y a infiniment peu de risques qu'un tel accident se produise en France, la construction et la réglementation des centrales nucléaires étant radicalement différentes »
En conclusion, Michèle Barzach rend hommage au courage et à la qualité du travail de l'équipe du SCPRI et plus particulièrement au Professeur Pellerin, vivement mis en cause après Tchernobyl, témoignage de sa solidarité envers lui et ses collaborateurs qui s'acquittent d'une manière exemplaire de leur rôle de surveillance de la santé publique du territoire français.
Leur très haute compétence a conduit le SCPRI à être un centre de référence pour le monde entier. Centre mondialement connu ..., pourtant ignoré d'un grand nombre. L'ouverture au public et aux visiteurs étrangers des portes de ce "domaine scientifique" si discret, pourrait faciliter l'information et la compréhension de cette science si peu ou mal connue. Tel est le souhait du Ministre.

16 octobre 1986, trentième anniversaire du SCPRI. Le Pr Pellerin, directeur, et M. le Maire accueillent Michèle Barzach, Ministre déléguée à la Santé et à la Famille, et le Préfet Jean-Pierre Delpont.

Au cours de la visite, arrêt devant un appareil de haute performance pouvant transcrire immédiatement une carte géographique d'une région éventuellement contaminée.

Conférence de presse : solidarité du Ministre envers le directeur du SCPRI, le Pr Pellerin.

Le SCPRI, c'est:

  • 150 médecins, ingénieurs, techniciens spécialisés en radio-protection:
  • 5.000 m² de laboratoires avancés
  • 2 héliports
  • un standard téléphonique spécial relié directement à chacun des centres et centrales nucléaires
  • 100 compteurs reliés à un ordinateur 24 h sur 24 pour détecter la plus infime trace de radioactivité
  • 1.200.000 dosimètres analysés chaque année (portés par des personnes susceptibles de subir des expositions aux rayonnements)
  • 4.500 personnes contrôlées (travailleurs de l'énergie nucléaire, service de médecine nucléaire, ...)
  • 25.000 installations radiologiques et 25.000 installations dentaires également vérifiées annuellement.

C'est au Vésinet que sont acheminés plus de 1.000 prélèvements de poussière, pluies, eaux de source, herbe, lait, recueillis quotidiennement à la même heure, de régions et de tous pays sources possibles de radioactivité. Ainsi que le disait Michèle Barzach, "Ici, aucun millième de milliardième de curie égaré dans une touffe d'herbe ou grain de poussière ne peut passer inaperçu".
C'est aussi au Vésinet que sont « parqués » quatre semi-remorques laboratoires, plusieurs mini-cars équipés et enfin une voiture-rail révolutionnaire déjà convoitée dans le monde, qui sera capable de se rendre à la vitesse d'un TGV sur les lieux d'un possible accident afin d'y contrôler plus de 5.000 personnes par jour où que ce soit en Europe et en application du plan ORSEC radiologique.
C'est encore au Vésinet que s'achève actuellement l'installation d'une infirmerie nucléaire où pourront être accueillies vingt-cinq personnes pour premiers soins et diagnostic avant d'être dirigées vers des centres spécialisés.

La salle des compteurs
Arrivée des 1000 prélèvements quotidiens...
Un des quatre semi-remorques laboratoires

 

    Notes

    [1] La Ministre est revenue au Vésinet quelques jours plus tard, le 31 octobre, pour inaugurer cette fois la Crêche des Moineaux.

 


Société d'Histoire du Vésinet, 2011- www.histoire-vesinet.org