Le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle - Tome 2 [1]

    Crinolines

    Dût Veuillot m'accrocher une injure à l'échine,
    Dût le malin barbier m'écorcher jusqu'aux os,
    En dépit des rieurs, des cafards et des sots,
    Je ne m'en défends pas, j'aime la crinoline. 

    Jadis on aima bien le panier des marquises,
    Comme on aime un bon vin encerclé dans l'osier;
    et puis, c'est si gentil prendre des Cydalises,
    En les démantelant du chignon au soulier !

    Pour monter à l'assaut, fi des villes ouvertes !
    Fi des cotillons plats tout prêts aux coups de main !
    La place doit pouvoir dissimuler ses pertes
    Sous un double rempart de fer et de satin.

    Sous le flot pailleté de votre châle noir,
    Comme en un Rio-Santo scintillant de pépites,
    J'aime à voir onduler vos croupes dans le soir,
    Monstres dont on voudrait être les Hippolytes.

    J'aime de vos grands yeux les pâles étincelles,
    J'aime de vos frous-frous la lascive chanson.
    Je voudrais, épelant un sonnet par jupon,
    Lire tout l'Arétiri écrit sous vos prunelles !

 

    [1] Recueil de vers piquants et gaillards. Tome 2
    de MM. de Béranger, V. Hugo, E. Deschamps, et al., à l'enseigne des sept péchés capitaux (Rome), ~1866.


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