Jean-Paul Debeaupuis, SHV, janvier 2026. M. & Mme Piéron au Vésinet Le premier document qui atteste de la présence de M. et Mme Piéron au Vésinet est l'adresse de cette dernière publiée dans le Bulletin mensuel de l'Association française pour l'avancement des sciences (52 route de La Plaine) à l'occasion de l'adhésion de Mme Piéron à cette association, présentée par son mari. [1] Située à proximité des limites de la commune avec Croissy et à une dizaine de minutes à pieds de la gare du Vésinet (centre), la propriété dite Les Chênes, au 52 route de la plaine, s'étend sur environ 800 m². Les archives du Cadastre du Vésinet révèlent que la parcelle présente une forme singulière résultant d'un morcellement survenu avant les règles d'Urbanisme entrées en vigueur à partir de 1937, de la propriété voisine (au 54) qui regroupait autrefois les lots 103 et 104 du lotissement général de MM. Pallu & Cie. Les photographies aériennes, depuis 1923, laissent deviner un terrain très boisé en avant de la villa située en fond de parcelle et très protégée.
Détail du plan cadastral du Vésinet (section AO). La propriété Les Chênes est bordée de bleu (shv 2026) Dans l'article qu'il consacra à son maître et ami, Paul Fraisse (1911-1996) nous livre quelques précisions intéressantes sur la vie d'Henri Piéron, en particulier au Vésinet [4]: Durant toute sa carrière, Henri Piéron a travaillé le matin chez lui, dans sa villa du Vésinet, déjeuné de bonne heure pour être à 14 heures à son bureau du Laboratoire du 46, rue Saint-Jacques. Il a continué à venir ainsi l'après-midi, espaçant peu à peu ses voyages. Il a profité de ses plus longs séjours au Vésinet pour parachever son œuvre. Il a ainsi publié de 1952 à 1964 les ouvrages suivants : • Traité de psychologie appliquée (livres I à VII), Paris, Presses Universitaires de France, 1949-1959. • La sensation, coll. « Que sais-je ? », n°555, Paris, Presses Universitaires de France, 1952. • De l'actinie à l'homme, 2 vol., Paris, Presses Universitaires de France, 1958-1959. • L'Information, dans L'Encyclopédie française, tome IV : La vie, 1960. • La vision en lumière intermittente (Monographies françaises de Psychologie, n°6, CNRS, 1961). • Vocabulaire de la psychologie, 3e éd., Paris, Presses Universitaires de France, 1963. • Examens et docimologie, coll. « Le Psychologue », Paris, Presses Universitaires de France, 1963. • La psychophysique, in Traité de psychologie expérimentale, fasc. II, Paris, Presses Universitaires de France, 1963. • Les besoins, in Traité de psychologie expérimentale, fasc. IV, Paris, Presses Universitaires de France, 1965.
« Les Chênes » Plaque contemporaine de la famille Piéron. 52 Route de la Plaine, Le Vésinet © SHV. ... La dernière année fut plus difficile. En mars 1964, une hernie nécessite une hospitalisation du mari à Suresnes tandis que sa femme doit aussi être prise en charge à l'Hôpital Henri-Rousselle situé dans le 14e arrondissement de Paris (établissement qu'elle a dirigé dans les années '50). Le rétablissement d'Henri fut lent. Il revint encore au Laboratoire, mais il marchait avec difficulté. Alfred Fressard qui fut son assistant en 1927 raconte : Consciemment, au mois de juin [1964], il décida de cesser ses voyages bi-hebdomadaires à Paris ; je le vois encore me tendant une large main, avec un sourire un peu triste, pour me dire adieu. Je devais le retrouver en septembre à l'hôpital Foch où, dès le mois d'août, il avait dû être transporté souffrant d'une artérite aigue. On venait de l'amputer d'une jambe, mais il ne parlait déjà que d'appareil et de rééducation. Ce n'était, hélas, qu'une rémission passagère. La fin était toute proche. Henri Piéron meurt à Suresnes le 6 novembre 1964. **** Notes et Sources : [1] Bulletin mensuel de l'Association française pour l'avancement des sciences, AFAS (Paris) 1er décembre 1914. [2] Il soutient sa thèse en 1912. C'est pour lui une année cruciale : il se voit en effet confier, à la suite de la mort prématurée d'A. Binet, la direction du Laboratoire de Psychologie physiologique de la Sorbonne, en même temps que lui échoit la lourde charge de continuer la publication de L'Année Psychologique, dont les précieuses analyses bibliographiques seront pendant trente-cinq ans revues et, pour leur plus grande part, rédigées par lui. [3] Fressard A. Henri Piéron. In: L'année psychologique. 1949 vol. 50. [4] Mairet A. et Piéron H, Le syndrome commotionnel au point de vue du mécanisme pathogénique et de l’évolution, Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 22 juin 1915. [5] Fraisse P. Les dernières années d'Henri Piéron. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1.
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