D'après le Dictionnaire des Ministres [1] et le Ministère de l’Industrie, de la Poste et des Télécommunications [2].

Louis Barthou (1862-1934)
Avocat, journaliste, historien, homme politique … et Vésigondin

Jean Louis Firmin Barthou est né le 25 août 1862 à Oloron Sainte Marie dans le Béarn, à proximité de Pau. Il est le fils d'Isidore Barthou et Marie Octavie Noé qui tiennent commerce de quincaillerie avant d'aller s'installer à Pau où Louis effectue ses études secondaires (séminaire). Il poursuit des études de droit à la faculté de Bordeaux avant de partir à Paris pour suivre les cours de École Libre des Sciences Politiques (ELSP) et il obtient son doctorat en 1886. Inscrit au barreau de Paris, il devient avocat puis, de retour en Béarn, au barreau de Pau, il est secrétaire de la Conférence des Avocats tout en exerçant conjointement des activités journalistiques et politiques. Rédacteur en chef de l'Indépendant des Basses Pyrénées, « journal républicain quotidien … le mieux informé des journaux de la région » il est élu député en 1889 et demeurera parlementaire jusqu'à sa mort.
Passionné de politique depuis ses études secondaires, il lutte notamment dans la presse en faveur des républicains modérés dès son inscription au barreau de Pau. Élu député à 27 ans, il devient président de l'Union de la jeunesse républicaine et impressionne ses adversaires par la qualité et la justesse de ses interventions, par la clarté de son intelligence et son sens de l'ordre et de la mesure. Ainsi, Barrès voit en lui « une sorte de fantassin, tout de suite familier avec les choses et les gens, de bonne humeur, énergique, net dans ses propos, avocassier dans ses démarches ».

Louis Barthou aura occupé tous les grands ministères.
En 1893, il est sur le point d'entrer au gouvernement comme ministre du Commerce de Dupuy, mais des bruits le faisant passer pour légitimiste empêchent cette promotion. Il prend sa revanche deux ans plus tard en obtenant le portefeuille des Travaux publics dans le second cabinet Dupuy. Il fait alors voter la loi sur les ouvriers mineurs, non sans provoquer les fureurs de la gauche, et se bat même en duel avec Jaurès qui l'accuse d'être « acheté » par une compagnie de chemin de fer. Ministre de l'Intérieur dans le cabinet Méline, il s'impose vite comme la tête pensante, libérale et tolérante, du gouvernement.

Le ministre

    • Ministre des Travaux publics (30 mai 1894/13 janvier 1895).

    • Ministre de l'Intérieur (29 avril 1896/27 juin 1898).

    • Ministre des Travaux publics et des Postes et Télégraphes (14 mars 1906/23 juillet 1909).

    • Ministre de la Justice (24 juillet 1909/2 novembre 1910 ; 21 janvier/21 mars 1913 ; 15 janvier/5 octobre 1922 ; 23 juillet 1926/2 novembre 1929).

    • Président du Conseil, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts (22 mars/8 décembre 1913).

    • Ministre d'État (12 septembre/23 octobre 1917).

    • Ministre des Affaires étrangères (23 octobre/15 novembre 1917 ; 9 février/9 octobre 1934).

    • Ministre de la Guerre (16 janvier 1921/14 janvier 1922 ; 13 décembre 1930/26 janvier 1931).

Comptant parmi les grands notables de la IIIe République, le 22 mars 1913, sous la présidence de Raymond Poincaré (18 février 1913–18 février 1920), il devient Président du Conseil, poste qu’il gardera jusqu’au 2 décembre 1913. Ardent patriote, sensible à l'idée de revanche, aidé par la grande presse, Barthou fait passer, le 7 août 1913, la loi instituant le service militaire de trois ans pressentant les événements qui allaient ensanglanter le monde l'année suivante, conscient de la montée des périls. Mais plusieurs événements tragiques vont entraîner son retrait de la scène politique, retrait toutefois temporaire. En un très court laps de temps, il subit durement la victoire de la gauche aux élections législatives de 1914, puis la déclaration de guerre et enfin la perte au front de son fils, quelques mois plus tard. Il retrouvera cependant en 1917 une place de premier plan en récupérant le ministère des Affaires étrangères.
Tout au long des années 1920, il continue d'occuper des ministères importants, comme ceux de la Guerre et de la Justice de 1926 à 1929, dans des gouvernements de coalition républicaine. En 1934, Gaston Doumergue lui fait de nouveau confiance pour diriger le prestigieux Quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères.
Gaston Doumergue est rappelé par le Président de la République, Albert Lebrun, qui a succédé à Raymond Poincaré, afin de former un gouvernement d'union nationale pour tenter de stabiliser la politique intérieure à la suite des événements tragiques du 6 février 1934. Pour cela, il fait appel à deux poids lourds de la politique, Albert Sarraut à l'Intérieur et Louis Barthou à son poste de prédilection : les Affaires étrangères.
À ce poste, il essaie de lutter contre les menées hitlériennes en cherchant à former avec la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Union soviétique un front anti-allemand. Il prône aussi l'isolement de l'Allemagne en montant contre elle une série d'alliances avec les États de l'Europe centrale alliés à la France (Pologne et Petite Entente). Son projet de pacte oriental se soldera toutefois par un échec.
Le 9 octobre 1934, il a pour mission, en tant que ministre des Affaires étrangères en exercice, d'accueillir à Marseille le roi Alexandre Ier de Yougoslavie. Ce sera son dernier déplacement. Lors de l'attentat commis par le révolutionnaire macédonien Vlado Chernozemski, soutenu par le mouvement croate des Oustachi, contre Alexandre Ier, un policier français riposte et blesse mortellement, par erreur, Louis Barthou.[3]
La disparition de Louis Barthou a constitué une perte irremplaçable pour le pays. Il avait été l'artisan et le moteur d'une politique qui fut la grande idée des dernières années de sa vie : la reconstitution des alliances contre le péril allemand. Nul ne saura la reprendre après sa mort.[4]

Portraits de Louis Barthou à deux moments de sa vie

Le jeune ministre (cliché de Nadar, ~1894) et l'académicien (eau-forte de Charles Gerschel, ~1919)

© Collections privées, tous droits réservés.

L'homme de Lettres

Proche d'écrivains et d'artistes comme Jean Moréas, Antonio de La Gandara, Adolphe Willette et Paul Adam, il commence à fréquenter à la fin du siècle le salon de Mme Arman de Caillavet, l'égérie d'Anatole France. Il rencontre Alice Mayeur, une jeune femme fortunée, élégante et cultivée, proche de personnalités du monde intellectuel …
En parallèle à son activité politique, l’activité culturelle de Louis Barthou est considérable. Élu à l’Académie française en 1918 (reçu en 1919 par Maurice Donnay), il accueille ensuite Joseph Bédier (1921) et Albert Besnard (1924). Son élection à l'Académie consacre son double profil de politique et d’écrivain. Il prononce des allocutions au nom de l’Académie, notamment en 1919 à la Sorbonne lors d’une cérémonie en hommage aux écrivains tombés pour la patrie. Ses interventions sous la Coupole et ses écrits montrent qu’il veut être reconnu non seulement comme homme d’État mais aussi comme homme de lettres. Ses ouvrages témoignent d’une volonté de donner une profondeur intellectuelle à son engagement. On lui doit des livres d’histoire et de littérature, dont Le Politique (1923), ainsi que des études sur Victor Hugo et sur la vie politique de la IIIe République. Et puis il était un bibliophile passionné, célèbre pour sa collection de manuscrits et d’autographes, une activité qui lui donnait en son temps une stature d’homme de culture reconnu dans les cercles littéraires. C'est aussi, pour son temps, un grand voyageur. Il visite, entre autres, l’Égypte et le Soudan en 1910, les États-Unis, le Canada, le Maroc…

En famille

Le 26 janvier 1895, à cinq heures du soir, avait lieu, à la mairie du cinquième arrondissement, le mariage civil de Louis Barthou, député des Basses Pyrénées, avec Mlle Alice Mayeur, « fille du grand paysagiste défunt » et petite-fille de Monsieur Amiel, ancien conseiller général de la Côte-d'Or. Le maire, M. Meurgé, « ami des deux familles », après avoir marié les deux fiancés, a rappelé la carrière artistique de Max Mayeur, les excellents souvenirs laissés dans le cinquième arrondissement par M. Amiel, grand-père de la mariée et parlé de la brillante carrière au barreau et à la Chambre de Louis Barthou, rappelant « la belle conférence sur Victor Hugo qu'il avait faite dans la salle de cette même mairie ». Les seules personnes présentes étaient M. et Mme Barthou, M. Léon Barthou, Mme Max Mayeur, M. et Mme Philippon, M. Amiel, M. Léon Say, M. et Mme Guyard (les parents et les témoins des mariés). Le contrat de mariage, rédigé par Me Dauchez, notaire, avait été signé la veille, à trois heures, chez Mme Max Mayeur, dans ses salons de la rue Cambon, où se trouvaient exposés la corbeille et les nombreux cadeaux … [5]

    ..Nous portons à l'attention de nos lecteurs qui ne la connaissent pas encore la nouvelle du mariage de notre député-ministre, M. Louis Barthou, avec Mlle Alice Mayeur, une parisienne charmante, qui lui apporte dans sa corbeille tout ce qui peut faire le bonheur de la vie.

Cette discrète allusion à la richesse de la fiancée comparée aux origines modestes du député-ministre sera répétée à l'envi dans la presse durant des mois et des années, avant que Louis Barthou, devenu un des grands notables de la IIIe République soit estimé à l'importance de son action politique et reconnu pour sa stature d’homme de grande culture.
Le 28 janvier, une foule considérable remplit l'église de la Madeleine, où l'on célébre, à midi, le mariage religieux autant qu'officiel de l'homme public Louis Barthou avec « Mlle Alice Mayeur une jeune femme fortunée, élégante et cultivée, proche de personnalités du monde intellectuel » petite nièce d'Antoine Alexandre Mayeur.
L'église est toute décorée de fleurs et de plantes rares et la presse s'applique à noter méticuleusement la présence du personnel politique, administratif, diplomatique et culturel présent. On peut cependant noter quelques approximations dans ces comptes-rendus. Ainsi, Alice Mayeur y est-elle présentée comme « la fille unique de Max Mayeur, homme d'affaires et riche investisseur ». Le soir, les mariés et leurs parents reçoivent tous les assistants à l'Hôtel Continental où un grand lunch est servi dans la salle des fêtes.
Le mariage d'un homme politique républicain de condition modeste avec une femme fortunée est très fréquent à cette époque, comme plusieurs biographes de Louis Barthou semblent juger utile de le préciser.
Le couple s'installe dans un appartement à Paris (rue d'Antin) mais on note qu'il possède aussi une maison de campagne au Vésinet, la « ville parc Seine-et-Oise, célèbre pour ses belles maisons cossues et lieu de villégiature pour la bourgeoisie parisienne » où Alice Mayeur a hérité de nombreux biens fonciers et immobiliers parmi lesquels une propriété « aussi vaste qu'elle est isolée, sur la route de Croissy à Saint-Germain, avec une vue superbe sur Louveciennes, Marly, Mareil et tout le cirque des hauteurs dominées par l'aqueduc. »
L'année suivante, la santé de M. Barthou suscite des inquiétudes et son séjour prolongé au Vésinet provoque quelques commentaires avec encore des approximations :

    L'indisposition dont souffre M. Barthou, actuellement chez son beau-père, au Vésinet, persistant, les médecins ont engagé le ministre de l'intérieur à aller faire une saison ... [6]

     

    La santé de M. Barthou continue à s'améliorer. Le docteur Maison, qui lui a donné ses soins au Vésinet, l'a autorisé à sortir. Le ministre de l'intérieur n'en partira pas moins mercredi soir pour les Pyrénées. [7]

     

    M. Barthou, en ce moment au Vésinet chez ses beaux-parents, a pu venir dans l'après-midi d'hier au ministère de l'intérieur, pour régler diverses affaires en suspens avant son départ pour les Eaux-Bonnes. M. Barthou quittera Paris demain soir pour aller faire sa cure dans les Pyrénées. [8]

     

    M. Barthou, ministre de l'intérieur, et Mme Barthou sont aux Eaux-Bonnes, un pays que Mme Barthou doit bien affectionner pour lui sacrifier ainsi, sans regret, l'installation charmante qu'elle a au Vésinet. M. et Mme Barthou, en effet, se trouvaient déjà aux Eaux-Bonnes lors des vacances de Pâques, et leur villégiature fut brusquement abrégée par la terrible catastrophe du Bazar de la Charité. Vie d'hôtel avec les longues excursions aux environs, les matinées dans le jardin, toutes sortes de lectures, sauf celle des journaux que le ministre s'interdit en vacances. Pour ne même pas recevoir la « valise », la terrible valise ministérielle qui gâte les villégiatures les plus charmantes, M. Barthou a délégué à un de ses collègues l'intérim de son ministère. Par conséquent, pas de pièces à signer, pas de dossiers à étudier, pas de décrets à préparer. C'est le calme le plus parfait! [9].

L'incident de la balle perdue, au mois de juin 1898, sera l'occasion de très nombreuses mentions de cette résidence jusque là paisible et discrète.
Par la suite, la correspondance privée et officielle de M. Barthou témoigne de sa présence récurrente au Vésinet en 1899 et la Villa Mayeur sera le lieu de villégiature déclaré de la famille Barthou de 1900 à 1905. [10]. On peut le voir, au Vésinet ou dans les allées de la forêt de Saint-Germain, faire du vélo [11].
Pendant vingt-cinq ans, le couple Barthou ira séjourner chaque été en Suisse, à l’hôtel Burgenstock au bord du lac de Lucerne, et consacrera aussi des « moments de villégiature » au bord de la mer, à Biarritz ou à la montagne aux Eaux-Bonnes (une façon pour M. Barthou de se rapprocher de ses électeurs). Ils voyageront aussi, à Venise, au Maghreb, en Amérique….

Le 23 janvier 1896, Madame Barthou a mis au monde un garçon prénommé Max-Émile. Les archives familiales de la famille Barthou (dont quelques pièces ont été présentées dans des expositions) comportent des photographies, parfois prises au Vésinet, moments privés de la vie de M. et Mme Barthou et de leur fils.

Louis, Alice et Max-Émile Barthou en famille

Quelques clichés tirés du fonds Barthou [12] pouvant avoir été pris au Vésinet.

Max-Émile, enfant unique du couple Barthou était très proche de sa mère. Il est le sujet favori des photographies Barthou. Il devient un jeune adulte brillant, passionné par la littérature, les arts et la musique. Il obtient son baccalauréat à 17 ans. L'écrivain Pierre Loti, ami intime de la famille, décrit ce garçon timide dans un article paru dans l'Illustration en décembre 1914 (peu après sa mort au front) comme un « petit être charmant … qui avait su rester enfant »

    […] Rester enfant, tout ce que cela dénote, non seulement de fraîcheur, mais de modestie, de discernement, de sens juste et clair ! Bien que très érudit, presque trop pour son âge, il avait su se garder simple, naturel, au foyer familial qu'il quittait à peine quelques heures dans la journée pour aller suivre ses cours… »

La déclaration de guerre en 1914 va marquer un tournant dramatique dans l'histoire de la famille Barthou.
En effet, en août 1914, Max-Émile demande à son père la permission de s'engager malgré son jeune âge. A 18 ans, il n'est pas encore concerné par la Mobilisation (tous les Français déclarés aptes doivent un service militaire personnel, de l'âge de 19 ans à 47 ans accomplis). Pour convaincre son père, il évoque sa loi de 1913 dite « des Trois Ans » qui augmentait la durée du service militaire, lui disant « toi qui as demandé à la France un grand sacrifice ... ».
Il suit un entraînement militaire puis intègre l'État-major du général Joffre. Alice, sa mère, se porte aussi volontaire, obtient un diplôme de la Croix Rouge et devient infirmière en chef à Larressore (Pays basque).
En novembre 1914, Max-Émile demande à être muté sur le front alsacien. Le 12 décembre, il est envoyé en Alsace et écrit à son père pour le remercier. Il est blessé le lendemain, lundi 14 décembre, à Thann par un tir d'artillerie et meurt à l'hôpital peu après. Anéanti, Louis Barthou se retire alors de la vie politique.
À partir de 1916, il reprend des activités littéraires, préside de nombreuses associations patriotiques et visite à plusieurs reprises le front en France et en Italie. En 1917, il revient aux affaires et devient Ministre des Affaires Étrangères. Alice se consacre alors à soutenir son époux. Les photographies de l'époque montrent une personne au regard triste, vêtue de noir qui dénote avec la maman radieuse des clichés de famille d'antan.

1926. Alice et Louis Barthou avec Mme Mayeur, veuve de Max Mayeur, leur mère et belle-mère (au centre).

Fonds Louis Barthou, Bibliothèque patrimoniale intercommunale du Haut Béarn (Tous droits réservés).

Ils ne séjourneront plus au Vésinet où, peu à peu, tous les biens fonciers et immobiliers hérités d'Alexandre Mayeur seront vendus.[13]
Alice tombe gravement malade en 1922 et meurt d'un cancer le 15 janvier 1930 à l'âge 57 ans.

    Mort de Mme Louis Barthou

    Nous apprenons la mort de Mme Louis Barthou, femme de M. Louis Barthou, ancien président du conseil, sénateur des Basses Pyrénées, membre de l'Académie française, décédée en son domicile après une longue maladie.

    Mme Barthou laissera d'unanimes regrets, non seulement dans la haute société parisienne où le charme et l'originalité de son esprit lui avaient valu de vives et fidèles sympathies; mais aussi parmi lés malheureux que sa charité discrète se plaisait à soulager. Infirmière pendant la guerre, au cours de laquelle elle eut la douleur de perdre son fils unique, Max Barthou, tué à l'ennemi, elle avait fait preuve du plus grand dévouement, mais n'accepta jamais aucune récompense. Grande amie de Pierre Loti, elle a écrit sur lui des pages délicates. Elle laisse également d'intéressantes et fines impressions d'un voyage au Maroc. [14]

Louis Barthou, brisé, quitte leur appartement de la rue d'Antin (2e) et s'installe au 34 avenue Marceau (8e) avec sa belle-mère, Marguerite Mayeur (1848-1940) qu'il appelle Maman et le couple Bâty (Laure et Gustave, respectivement gouvernante-cuisinière et valet de chambre de la famille).

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    Notes et sources

    [1] Dictionnaire des Ministres de 1789 à 1989. Benoit Yvert, Librairie académique Perrin, 1990. IIIe République (1870-1940) par Cédric de Fougerolle.

    [2] Texte de la biographie proposée par le ministère de l’Industrie, de la Poste et des Télécommunications (1997) sur son site, disparue avec le ministère en question.

    [3] Ce fût établi et prouvé lors d'une expertise légale en 1974 : la balle de 8 mm et non pas de 7,65 mm (calibre du pistolet de l'agresseur du roi), ne pouvait provenir que de l'arme d'un policier. Voir par ailleurs Histoires de balles perdues.

    [4] ibid, Cédric de Fougerolles.

    [5] Le Figaro n°27, 27 janvier 1895 (mariage civil) et 30 janvier 1895 (mariage religieux).

    [6] Journal du Cher. 19 juillet 1896. La propriété n'a jamais appartenu au beau-père de Louis Barthou. Max Mayeur est mort en 1889 lorsque sa fille était mineure.

    [7] La Lanterne, n°7030, 21 juillet 1896. Allusion au docteur Eugène Augustin Maison (1855-1916), personnage bien connu dans l'histoire locale du Vésinet.

    [8] Le Figaro, 21 juillet 1896. Cette allusion aux beaux-parents peut laisser supposer que la propriété était utilisée par Mme Vve Max Mayeur (née Adélaïde Catherine Marguerite Amiel) et ses proches.

    [9] Le Figaro. 4 août 1897.

    [10] Avis mondains : Déplacements et villégiatures des abonnés (Le Figaro, L'Echo de Paris, Journal des Débats, etc.) en juin-septembre 1900, juin 1901, octobre 1903, mai 1904, juillet-août 1905 (liste non exhaustive).

    [11] « M. Barthou pédale un peu. Au printemps, on le rencontre au Vésinet et dans les allées de la forêt de St-Germain ». L'Écho de Paris, 23 février 1903.

    [12] Le fonds Louis Barthou (constitué de livres, manuscrits, albums photographiques) conservé par la Bibliothèque patrimoniale intercommunale du Haut-Béarn à Oloron-Sainte-Marie, compte de nombreux clichés concernant Louis Barthou, souvent en rapport avec sa longue et riche vie politique mais aussi des clichés familiaux, pour certains totalement inédits, avec de nombreuses prises de vues de l’enfant unique du couple Barthou, certaines pouvant provenir du Vésinet. Quelques rares exemples ont été présentés au public dans des expositions.

    [13] M et Mme Barthou vendirent entre 1896 et 1927, durant leur vie commune, la totalité des propriétés qu'ils détenaient au Vésinet, pour une somme évaluée en 1930, au décès de Mme Barthou, à 12 millions de francs. Power and pleasure: Louis Barthou and the Third French Republic, par Robert J. Young, McGill-Queen's Press, 1991. Par ailleurs, cet ouvrage a contribué à la confusion entre le peintre Max Mayeur et son oncle Alexandre, à l'origine de la fortune.

    [14] Le Temps, n°24984, 16 janvier 1930. Décorée de la Légion d'honneur en 1921, Alice Barthou-Mayeur avait refusé sa décoration. Mais les archives du fonds Louis Barthou ont révélé que son mari, sur le point de devenir ministre de la Guerre « par un sentiment de discrétion et de réserve personnelle » lui avait demandé d'y renoncer. Elle avait reçu auparavant la Médaille de la Reconnaissance française : « Par décret du Président de la République en date du 28 mai 1921, rendu sur la proposition du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, La Médaille d'argent de la Reconnaissance française est conférée à Mme BARTHOU, née Alice Julie Catherine MAYEUR, à Paris : Infirmière major de l'Association des Dames françaises à l'Hôpital n°232 et à l'infirmerie de la gare de Noisy-le-Sec, pendant toute la durée de la Guerre, au début de laquelle son fils unique était tombé au champ d'honneur, a tout abandonné pour son service d'hôpital et n'a cessé de prodiguer aux blessés les soins les plus dévoués, témoignant ainsi d'une exemplaire fermeté d'âme et d'une haute conception des devoirs d'une bonne Française. »

     


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