Jean-Paul Debeaupuis, SHV, décembre 2025. Antoine Alexandre Mayeur (1816-1891) Monsieur Mayeur, l'un des principaux propriétaires, compté par certains comme « un des fondateurs du Vésinet » est décédé le 29 mai 1891, dans sa soixante-quinzième année. La presse annonça le décès, insistant sur « les considérables services qu'il a rendu à la commune » et « les rares compétences qu'il possédait dans toutes les questions concernant la propriété foncière. Maintes fois, il avait porté devant le conseil de préfecture les réclamations de ses concitoyens et il les défendait avec une érudition et une adresse qui n'étaient pas exemptes de subtilité !» Il a été enlevé en quelques jours, par une pleurésie. Antoine Alexandre Mayeur était né le 29 février 1816 à Longeville-en-Barrois, dans la Meuse. Son père était vigneron et bouilleur de crus et son frère aîné, Jean Baptiste Victor Mayeur, né en 1811, avait repris l'exploitation, développant le négoce du vin et de l'alcool, Alexandre étant son associé secondaire dans la Maison Mayeur Frères, 91 boulevard Beaumarchais à Paris (3e), jusqu'en 1863 puis 10 rue de Bellechasse (7e) avec un important entrepôt rue de la Côte d'Or, n°81-83-85 à Bercy.[1] Messieurs, Il y a quelques jours, M. Mayeur venait à la mairie pour consulter la matrice de la contribution foncière, et, pendant une journée entière, il restait penché sur le volumineux registre, cherchant les moyens de diminuer les charges que nous impose la nouvelle évaluation des propriétés bâties. En le voyant ainsi absorbé par cette tâche ingrate, s'y adonnant avec sa force de volonté, sa persistance habituelles, nous admirions cette verte et vigoureuse vieillesse qui semblait devoir durer longtemps encore, malgré la rude atteinte que lui avait porté, l'an dernier, la perte d'un neveu, en qui il se plaisait à voir la continuation de sa pensée, l'héritier de son affection, de son dévouement pour le Vésinet. Aujourd'hui, nous voilà réunis autour d'un cercueil. Un mal foudroyant l'a enlevé en pleine vigueur, en pleine possession de lui-même, et nous venons rendre les derniers devoirs à l'un des hommes dont le souvenir restera étroitement uni à la naissance de notre ville. Il y a plus de trente ans que M. Mayeur s'était établi au Vésinet. Fils de ses œuvres, ne devant rien qu'à lui-même, il était venu chercher ici le repos, tel que pouvait l'entendre un travailleur de son espèce. Il avait foi dans notre avenir ; il avait confiance dans l'œuvre qu'entreprenait M. Alphonse Pallu ; il jetait les fondements de cette demeure que la mort vient de rendre déserte; il plantait ce jardin, dont nous admirions les magnifiques ombrages et les riantes échappées. Puis, non loin de là, il construisait une véritable cité et groupait des villas destinées à recevoir les Parisiens, que ne devaient pas manquer d'attirer les senteurs de nos bois et le murmure de nos rivières. M. Mayeur a été bon prophète. Dès le mois de décembre 1867, l'agglomération du Vésinet se sentait assez compacte, assez sure de sa force et de ses ressources, pour réclamer son érection en commune distincte. Elle l'obtint en 1875, vous savez après quelles luttes! Cependant je puis rappeler ces souvenirs ; car ils n'ont laisse aucune animosité ; j'en ai pour garant les nombreux représentants de Chatou, de Croissy, du Pecq, qui sont ici. [2] Nous avons, les uns et les autres, fait notre devoir ; nous avons défendu nos intérêts, loyalement, courtoisement comme on doit le faire entre bons voisins. La résistance même qu'on opposait à la séparation demandée, témoigne du prix qu'on mettait à nous conserver, de la valeur qu'on attribuait à la population qui avait surgi dans l'ancien bois du Vésinet. Pendant cette lutte de sept années, M. Mayeur mena le combat avec une ardeur, une énergie, une opiniâtreté sans égales, jamais découragé, jamais lassé, frappant à toutes les portes, mettant en jeu toutes les influences, répondant à toutes les objections, triomphant de tous les obstacles. Membre de l'Union des propriétaires, président des Commissions syndicales, il se multipliait et il obtenait par sa persévérance, par son activité, le résultat si longtemps disputé. Je ne puis mieux faire à ce sujet, que de vous citer ici, devant cette tombe, les paroles que prononçait dans la séance du 17 aout 1875, le maire provisoire, M. Moncharville, procédant à l'installation du premier conseil municipal et de la première municipalité du Vésinet. « La somme de travail réalisée par M. Mayeur pour élucider la question si complexe de l'érection du Vésinet en commune, le temps qu'il a employé à scruter les détails les plus minutieux des arcanes municipales de nos voisins, les aperçus ingénieux, les trouvailles qu'il a faites dans ce labeur incessant, sa ténacité que rien ne rebutait, ont puissamment aidé à la réussite de notre demande. » Ayant été plus qu'un autre à la peine, il devait faire partie du conseil municipal ; il est regrettable qu'il ne l'ait pas voulu. M. Mayeur ne consentit pas davantage à faire partie des Conseils qui suivirent. Son humeur, sa tendance le disposaient peu aux discussions d'une assemblée délibérante. Je crois cependant qu'il obéissait à un mobile plus élevé que ses convenances personnelles. Il voulait rester indépendant, libre de toute attache pour veiller plus surement sur l'enfant, à la naissance duquel il avait présidé et qu'il s'agissait maintenant d'élever et de doter. La dot, vous savez comment il s'en chargea. Il la demanda aux communes-mères, il revendiqua notre part des biens communs. La commune du Vésinet avait été créée par une loi du 7 juin 1875; le décret réglant à 90,000 frs environ les sommes qui nous étaient dues est du 22 juin 1885. La liquidation avait duré 10 ans, dix années encore de luttes, de travaux, d'efforts, qui trouvaient M. Mayeur toujours prêt! En 1879, j'ai eu l'honneur d'être délégué par le Conseil municipal pour collaborer avec lui ; c'est ainsi que je l'ai connu, dans les soirées passées à entasser les chiffres et les arguments, autour de ce guéridon qui lui servait de table de travail. Il faut avoir feuilleté ce volumineux dossier des revendications, il faut avoir parcouru ses mémoires, ses réponses, les protestations, tracées de cette écriture serrée et menue où se peignait son caractère, pour avoir une idée de la somme de travail que M. Mayeur a dépensée, de la souplesse de son esprit, de la fécondité de ses ressources, de cette science innée du droit, avec laquelle, sans études préliminaires, il s'était assimilé les textes de lois, les commentaires des juristes, trouvant toujours l'argument qui devait terrasser l'adversaire et assurer le succès final. Le 6 juillet 1886, sur la proposition de l'honorable M. Bivort, le Conseil municipal, à l'unanimité, remerciait M. Mayeur du concours si utile et si dévoué qu'il avait prêté à l'administration communale. Il n'avait pas attendu cependant, pour assurer quelques ressources aux œuvres communales et aux institutions charitables, le recouvrement de nos créances. Il y avait contribué par lui-même et de sa bourse. Cet homme si net, si précis, si rigoureux en affaires, oubliait de compter quand il s'agissait de faire le bien. Il pratiquait la bienfaisance avec l'esprit le plus large et le plus libre. Quand on réclamait son concours pour une œuvre nouvelle, il ne se demandait pas quelle était son étiquette, ni quelles personnes étaient à la tête, mais si c'était une œuvre capable de soulager les misères, de venir en aide aux malheureux, ou de contribuer efficacement a la prospérité du pays. Combien d'œuvres ont été ainsi soutenues et puissamment aidées par lui ; les sociétés qui sont ici en témoignent, ces bannières, ces couronnes l'attestent ! Quelle reconnaissance suscitaient ces bienfaits, quels regrets fait éprouver sa perte, cette population émue qui m'entoure le dit assez haut. En face d'une telle mémoire, un seul hommage est possible, une seule manière de l'honorer s'impose : c'est de l'imiter, de suivre ses traditions, de rester fidèle à ses enseignements, d'avoir, comme lui l'amour de notre cité, de chercher dans la pacification, dans l'union de tous les courages, de toutes les bonnes volontés, la prospérité du Vésinet. Au nom de tous, au nom de la ville du Vésinet, dont il a été le bienfaiteur, après avoir été l'un de ses fondateurs, j'adresse à M. Mayeur un suprême et dernier hommage. Cette haute opinion exprimée par M. Ledru n'était sans doute pas partagée unanimement au Vésinet (où les jaloux ne manquaient pas) ou dans les communes-mères avoisinantes où le ressentiment contre la sécession de la ville-parc se fit sentir pendant 30 ans et plus et où les compensations calculées par M. Mayeur et ses collègues furent ardemment contestées. […] Je n’ai pu m’empêcher de sourire en lisant dans votre lettre que «je me vantais d'être un rouge des plus actifs.» Je maintiens que je suis progressiste et républicain, indépendant, c’est-à-dire que je ne subordonne pas mon opinion à celle d’un parti. En ce qui concerne les élections au Conseil municipal du Vésinet, quatre ont eu lieu depuis la création de la commune. J'ai décliné, à chacune d’elles, la candidature qui m’était offerte par mes amis, dites-vous judicieusement, mais un peu ingénument, car je ne sache pas que ces offres soient jamais faites par des adversaires … tenez pour certain que je suis sans ambition aucune, que je n'ai jamais rien voulu être ni à Paris, ni au Vésinet, et que ce n’est pas quand je vais être septuagénaire que je me laisserais envahir par la contagion des honneurs. En 1867, cependant, j’ai consenti à me laisser nommer président des commissions syndicales, — (Position officielle et non occulte, comme vous le dites encore par erreur, car ces commissions étaient élues avec toutes les formalités légales, par le corps électoral municipal) — parce que l’association du Vésinet aux trois communes était devenue intolérable, et qu’il fallait que quelqu’un se dévouât pour la faire dissoudre. Après le succès, il fallait liquider la communauté, que je connaissais seul. Le Conseil m’en pria et j’acceptai. Refuser eût été une sorte de désertion, mais j’acceptai avec un mandat régulier, en vertu duquel j’étais reçu ou mandé à la Préfecture quand il s’agissait de l’exécution de travaux ou de renseignements concernant les réclamations du Vésinet ; là encore, tout était officiel, rien d’occulte. L’honorable maire de Chatou connaissait bien cette situation, car il y a cinq ou six ans, c’est-à-dire après son élévation à la mairie, il se fit présenter à moi par un ami commun, et me demanda mon intervention auprès du Conseil municipal pour tenter une conciliation : aucune communication ne pouvait m’être plus agréable. Je m’en occupai de suite et trouvai notre Conseil très bien disposé à entrer dans cette voie. J’en prévins M. Bousson [3] et l’engageai à s’entendre avec ses honorables collègues de Croissy et du Pecq sur les propositions qu’ils croiraient devoir faire au Vésinet. Deux années s’écoulèrent dans une attente vaine, les négociations n’eurent pas de suite, et la procédure fut continuée jusqu’au dénouement sans autre incident. L’honorable maire de Chatou, connaissant mon esprit de conciliation, n’a donc pas eu tort de s'adresser à moi, non plus pour obtenir une réduction, puisqu’il y avait décision souveraine, mais des facilités de libération. Je me prêtai volontiers à son désir et lui indiquai un moyen qui me paraissait concilier toutes les convenances; je ne sais si les municipalités se sont entendues depuis. Alexandre Mayeur. Propriétaire, 23, boulevard de l'Ouest, au Vésinet. Ancien Président des Commissions syndicales du Vésinet. Autre exemple : la réponse à un article du journal Le Voltaire du 3 février 1888, où il était désigné comme créateur du Vésinet : il répondit encore que : … cette qualification n’est pas exacte. La colonie du Vésinet, dit-il, a été fondée en 1857 par la société Pallu, quant à moi, j’ai été élu, en 1867, président des trois commissions syndicales réunies du Vésinet, chargées de poursuivre son érection en commune. A ce titre, j'ai dirigé la procédure administrative jusqu’au succès de la demande, obtenu après huit années de luttes et d'efforts. Mais, quoique j’en aie pris ma bonne part, je ne dois cependant pas oublier que mes collègues ne m’ont jamais marchandé leur concours ainsi que l’unanimité de notre population. Il pouvait figurer dans les trois commissions (Chatou, Croissy, Le Pecq) parce qu'il était propriétaire et contribuable dans les trois communes. Rue du Départ, 35p. Rue du Pecq [fraction de la rue Ernest André], 37p. 39. Chemin de Rondes : 175. 178. 179. 181. Chemin du Lac Inférieur : 176. 177. 180. Boulevard de Ceinture : 195. 178. 177. 181. Rte n°6 : 330. 329. 331. 332. 334. 325. 327. 326. [actuelle rue Pasteur (RD) puis av. d'Alsace et av de Lorraine] Rte Latérale RD : 346. 348. 335. 336. 337. 338. 339. 342. 344. Av du Chemin de Fer : 334. 335. 336. 337. 337. 338. 339. 340. 341. 342. 343. 344. Rue Ste Marguerite : 333 (n° 23, 25, 27, 29, 31, 33). Rue de l'Eglise : 44p. 44. 137. 138. 140. Rue du Marché : 257. Place du Marché : 260. Rue de la Faisanderie : 141. Rte de Chatou : 140. Rte de St Germain : 142. Pelouse de la Station : 556. Rue Ernest André : 39p. 41p. Soit 58 parcelles inscrites au nom de A.A. Mayeur avant 1882 (dont 42 parcelles encore détenues en 1882) ; 35 de ces parcelles étaient bâties en 1882 (33 maisons, un réservoir d'eau avec machinerie, une écurie) et la plupart des parcelles bâties étaient revendues. La Villa Mayeur
Plan cadastral de la Section B du Pecq (détail) dressé pour les mutations au Vésinet à partir de 1861. Les parcelles (175 à 181) acquises par Antoine Alexandre Mayeur sont colorées. ...
Plan cadastral rénové (1882-: Le Vésinet - Section A1 (détail) Les bâtiments (villa, communs et annexes) sont hachurés. Le terrain est adossé à la rue du Chemin de Ronde mais son entrée est à l'opposé, sur la route de Ceinture qui déviendra boulevard de l'Ouest (n°23). ...
Villa Mayeur de nos jours. Depuis le milieu du XXe siècle, la villa fait partie d'un établissement d'enseignement. ... Le lotissement Mayeur […] Les habitues de notre ligne du chemin de fer remarquent, depuis quelque temps d'importants travaux, en voie d'exécution, de fouilles, de fondations, de terrassement et de préparation de jardins, dans l'espace qui s'étend à gauche en allant à Paris, de la station du Pecq à celle du Vésinet ; ces terrains, compris entre le chemin de fer et la route impériale de Chatou, d'une part, la route Ste Marguerite et le pont du chemin de fer d'autre part, ont été acquis de la Compagnie par M. Mayeur, un des plus riches propriétaires du Vésinet, qui a pensé faire un heureux placement de fonds en aménageant pendant cet hiver la presque totalité de ce territoire pour y construire environ trente maisons de campagne, destinées à être vendues ou louées à des prix modérés. Vingt-deux vont être construites dans le courant de l'année, et les travaux sont déjà commencés. [6] Dans le même article, il était fait état de la construction d'une passerelle, à hauteur de ce nouveau quartier, destinée à réunir la grande pelouse (où se situait la déjà célèbre villa Stoltz) avec celles qui s'étendaient sur la rive droite du chemin de fer, jusqu'au Grand Lac près duquel on était en train d'édifier les tribunes définitives du champ de Courses. « Les formalités ont toutes été remplies, les marchés conclus par la société Pallu et Cie, et les travaux vont commencer d'un jour à l'autre, précisait l'article. » Sur le plan cadastral de la Section B du Pecq déjà mentionné plus haut, on peut localiser les lots acquis par Monsieur Mayeur, au voisinage de la voie ferrée et le long de la route N°6 RD. Ces lots sont colorés sur le plan ci-dessous. Ils constituent deux ensembles, le plus petit sur la route n°6 (environ 4.000m²) près de sa rencontre avec la grande route de Chatou (qui deviendra le boulevard Carnot) et le second, le plus grand, le long de la voie ferrée (environ 19.000m²). Cette fois, l'aménagement de ces deux terrains nécessitera un complet redécoupage pour y tracer 6 jardins pour six maisons dans le premier, 19 jardins ou parcs pour autant de bâtisses dans le second.
Plan cadastral de la Section B du Pecq (détail) dressé pour les mutations au Vésinet à partir de 1861. Les parcelles (325-327 et 335-345) acquises par Antoine Alexandre Mayeur sont colorées. ...
Plan cadastral rénové (1882) : Le Vésinet - Section A1 (détail) On peut distinguer les aménagements des ensembles fonciers et immobiliers de M. Mayeur (redécoupage des parcelles, constructions, évolution de la voirie, ...) ...
Maisons du lotissement Mayeur (1867) En haut à gauche, exemples des maisons dans leur forme d'origine. Au dessous, exemples de transformations (aménagement des combles, fenêtres, surélévation, ...) A droite, exemple de villa du second rang, au bout de son allée... Les principales critiques adressées à M. Mayeur, concernent le caractère occulte du moins non-officiel de son rôle : s'il fut membre de commissions très officielles et même président de certaines, il n'était pas élu et n'avait donc pas à « se mêler des affaires publiques !» [8] Comme M. Ledru le laissait entendre dans son oraison funèbre, Alexandre Mayeur, resté célibataire et sans progéniture, mettait beaucoup d'espoir dans son neveu, Maximilien, mais celui-ci n'avait semble-t-il aucun goût pour les affaires et le sort ne lui laissa pas le temps d'en acquérir. Après avoir collaboré aux affaires familiales (négoce des vins et spiritueux) si l'on en croit les annuaires professionnels, il se consacra exclusivement à son art à partir de 1865. Nous reproduisons la nécrologie que lui consacra le journal Le Temps [9] à l'occasion de ses obsèques « célébrées au Père-Lachaise, au milieu d'une assistance considérable ». Maximilien Victor dit Max-Mayeur (1840-1889) I.e peintre paysagiste Max Mayeur a succombé hier à une congestion pulmonaire, dans sa quarante-neuvième année, à Paris. Il était élève de Véron, de Yon et de Victor Saintin et avait exposé chaque année au Salon depuis vingt ans. Au nombre de ses œuvres, on cite : Souvenir d’Italie ; Un Dunier en Bretagne (1879) ; Entrée du village de Kermarec (1885) ; Tournant de la Seine à Aisey-le-Duc (Côte d’Or, 1887). La marque de son talent était la sincérité robuste et probe. Très fier et très modeste, Mayeur avait d’instinct une répugnance invincible pour tout ce qui ressemble à la réclame. Il y avait en effet, chez cet artiste délicat et sérieux, un homme à l’âme fortement trempée, un citoyen au cœur élevé et résolu. Pendant la guerre, il avait fait son devoir au premier rang ; et il avait beaucoup servi le parti républicain avec une fidélité d’autant plus sûre qu’elle mettait moins d’ostentation à se manifester. Max-Mayeur meurt dans la force de l’âge en laissant au cœur de ceux qui l’ont connu d’unanimes regrets. En 1863, Max-Mayeur avait fait ses débuts au Salon de Paris où il exposera ensuite jusqu'à la fin de sa vie, relativement courte. Il épousa Adélaïde Catherine Marguerite Amiel (la fille d'un industriel, ancien conseiller général de la Côte d'Or) en 1872 et continua de voyager avec Henri Saintin jusqu'à son décès. L'Artiste le décrivait comme un « doux rêveur de brumes matinales et de soirées vaporeuses ». Il est représenté au British Museum et au Musée d'Orsay.
Max Mayeur — Paysage de forêt [détail] Huile sur toile (90x72cm) Collection particulière (tous droits réservés) Il mourut prématurément, à 49 ans, le 26 décembre 1889 à Paris. Son oncle, qui en avait fait son légataire universel, désigna alors sa petite nièce Alice (encore mineure). Celle-ci héritera donc, en 1891, des quelques dizaines de parcelles, bâties ou non, encore détenues par M. Mayeur au moment de son décès. Le statut de mineure de l'héritière semble avoir rendu compliquée la mise en œuvre du testament et les nombreuses libéralités qui s'y trouvaient au profit des sociétés sportives ou de bienfaisance dont toutes n'avaient pas capacité à recevoir un leg.
Dans le médaillon, Alice Mayeur épouse Barthou avec son fils Max Emile (1906) qui mourra de ses blessures à Thann, le 14 décembre 1914.[10] **** Notes et sources: [1] Répertorié dans l'Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris jusqu'en 1867. La Société Mayeur-Frères est mise en liquidation en août 1865 (Moniteur Universel, 22/08/1865). [2] Les différentes sociétés du Vésinet qui devaient beaucoup aux libéralités de M. Mayeur, étaient représentées par des délégations, ainsi que les sociétés de secours mutuels, de Croissy, de Chatou et du Pecq. Ces deux dernières avaient à leur tête, MM. Berteaux (conseiller municipal de Chatou et futur député-maire) et Minost maire du Pecq. Ce dernier, Félicien Siméon Minost (1841-1906) industriel, négociant, fut maire du Pecq de 1883 à 1892. [3] Pierre François Narcisse Bousson (1818-1887) dit Ernest Bousson, maire de Chatou de 1878 à sa mort, le 26 novembre 1887, alors qu'il était en fonction. Il est parfois confondu avec son fils, M. Ernest Bousson, qui fut chef de cabinet du préfet de Loir-et-Cher. [4] Le Vésinet. Partie de la Section B du Pecq (détail). Plan dressé à l'échelle de 1 à 2000 par M. Clarien, contrôleur de 1ère classe à St Germain-en-Laye pour les mutations de 1861. ADY 3P2 1473 à 1485. [5] Le Vésinet. Section A1. Première feuille comprenant l'Ilot N°6 (Plan établi pour Le Vésinet. A 1 à 164). ADY 5Num 6284 à 6298. [6] L'Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 3 septembre 1867. [7] L'Avenir de Saint-Germain, 30 octobre 1892. [8] Il y eut plusieurs échanges de lettres entre M. Mayeur et le chroniqueur Alceste dans le journal Le Phare (Asnières) entre juillet et octobre 1885. [9] Article du journal Le Temps reproduit par Le Progrès de la Côte-d'Or, 4 janvier 1890 (entre autres). [10] Fémina, n°125, avril 1906.
Société d'Histoire du Vésinet, 2026 • www.histoire-vesinet.org |