Sources Associations des Anciens Combattants du Vésinet

Fernand Pauriol (1913-1944)

Fernand Baptistin Pauriol naquit dans une famille paysanne de la basse vallée de la Durance, à Mallemort le 13 septembre 1913. Il fit ses études à l’école d’hydrographie de Marseille d’où il sorti radio-télégraphiste de la marine marchande. Journaliste, militant communiste, il était membre du Comité directeur du Secours rouge International une organisation fondée en 1922, se définissant lui-même comme "un des leviers les plus importants du front unique pour attirer les larges masses des travailleurs et des paysans sans distinction de parti à la solidarité avec les combattants révolutionnaires emprisonnés." Pauriol qui était un des principaux dirigeants du S.R.I. à Limoges, il fut appelé au début de 1936 à Marseille pour donner au S.R.I. local une nouvelle orientation dans le cadre du Front Populaire. Ses talents de journaliste incitèrent François Billoux à lui confier la direction de Rouge-Midi.
Mobilisé dans la goniométrie, service de détection des émissions radio, Fernand Pauriol, sitôt démobilisé entra dans la clandestinité et, sous le pseudonyme de Duval, devint le responsable national du Parti Communiste pour les émissions clandestines. Il installa des stations et forma des radios.
Jusqu'en juin 41, l'usage des transmissions radios clandestines n'avait pas de caractère de nécessité, puisque les communications avec Moscou pouvaient emprunter sans problème le canal des ambassades soviétiques de Paris ou de Bruxelles, comme ce fut le cas en juin et juillet 40. Néanmoins, Fernand Pauriol, mit sur pied un service radio parallèle qui devint opérationnel dès mai 41. Quand Lecoeur devint responsable de l'organisation, à partir de 1942, il supervisa le service de Pauriol pour lequel il recruta beaucoup d'anciens radios de France-Navigation originaires de Boulogne-sur-mer. Le service de Pauriol travailla également pour l'Orchestre Rouge, le célèbre réseau de renseignement soviétique de
Trepper.
Fernand Pauriol fabriqua lui-même en février 1942 un appareil émetteur assez puissant pour diffuser jusqu’à Londres et de là, par le relais de l’ambassade soviétique. Il installa un autre émetteur dans la région parisienne et se trouva être le seul lien avec l’Orchestre rouge.
Traqué, il finit par être arrêté le 13 août 1943 à Pierrefitte. Il feignit de passer pour un agent subalterne mais fut identifié. Interrogé, torturé, soumis au chantage; il fut incarcéré à Fresnes. Condamné à mort le 19 janvier 1944, il fut fusillé le 12 août 1944.

Le douze août mil neuf cent quarante quatre, à une heure inconnue de ce déclarant, est décédé au Fort du Mont Valérien, Fernand Baptistin Pauriol, Journaliste [sergent aux Forces françaises de l'Intérieur], mort pour la France (avis du ministre des Anciens Combattants du 16 avril 1946) domicilié 10 Allée des Grandes Pelouses au Vésinet (Seine & Oise), né à Mallemort (Bouches du Rhône) le 13 septembre 1913, fils de Clément Marius Pauriol et de Claire [Victorine] Jourdan, son épouse, Cultivateurs domiciliés à Mallemort, rue Fernand Pauriol. Epoux de Hélène [Noëlle] Lucie Louise Boldrini, trente sept ans, domiciliée comme le défunt. Dressé le huit mai mil neuf cent quarante six, neuf heures sur la déclaration de l'épouse du défunt qui, lecture faite, a signé avec nous, Paul Pagès Maire de Suresnes. Transcrit le vingt et un mai mil neuf cent quarante six par nous, Jean Louvel, croix de guerre, député à l'Assemblée nationale constituante, Maire du Vésinet.

Les mentions marginales correctives (le 20 octobre 1945 à Paris par le Ministre) sont ajoutées entre crochets.

Inhumé après l'exécution au cimetière de Bagneux, il fut exhumé le 14 novembre suivant et transporté au Vésinet où se trouvait le domicile de sa famille. Le Parti communiste, l'Association nationale des Victimes du nazisme, le Secours Populaire de France invitèrent leurs adhérents à venir nombreux à la mairie du Vésinet à cette occasion, "afin de témoigner toute leur sympathie à la famille de ce patriote".
Fernand Pauriol fut inhumé dans le carré militaire du cimetière municipal, non loin de Maurice Vannier, un autre résistant et des enfants de la commune morts pour la France.
Oublié sur le monument à la mémoire des fusillés du Mont Valérien, inauguré le 20 septembre 2003, le nom de Fernand Pauriol y fut ajouté en 2007, grâce à l'intervention de l'Amicale des Anciens combattants, mutilés veuves et orphelins de guerres du Vésinet (G. Martin de Saint Léon, président).


Société d'Histoire du Vésinet, 2008 - www.histoire-vesinet.org