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Emile Anthoine au Vésinet
pour une épreuve de 100 kilomètres de marche de fond

Emile Anthoine (1882-1969) est connu pour être le fondateur de la course sur route Paris-Strasbourg, épreuve de « marche de fond », faisant suite à la création le 26 août 1926 de la Fédération internationale de Marche dont il fut le président jusqu'à sa mort. La légende veut qu'en 1895, âgé de treize ans, il soit allé trouver Pierre de Coubertin pour lui demander d'agréer un club sportif qu'il venait de créer. Trop jeune, il ne fut pas alors pris au sérieux. Il n'en fut pas moins un des plus grands champions de l'athlétisme renaissant.

Après les Jeux Olympiques de Paris en mai-juillet 1924, Émile Anthoine milite pour la création d’une épreuve olympique de marche. Il est en faveur de l'instauration d'une épreuve de cent kilomètres en marche dite de fond car, selon lui, le marcheur athlétique n'adopte spontanément un style de déplacement naturel que sur de longues distances, au moins supérieures aux 50 km. Des conditions permettraient de mettre un terme aux éliminations controversées dues au non-respect de la technique assez peu naturelle de la marche dite de vitesse.


Le futur vainqueur dans les rues du Vésinet ...
clichés Agence Rol - BNF.


Escorté par la jeunesse locale (à bicyclette), encore revêtu de son gilet (les nuits sont fraîches en octobre) ...


Emile Anthoine, 42 ans, s'apprête à franchir la ligne d'arrivée.

 


Après l'arrivée, le vainqueur pose pour les photographes.

Les quelques images ci-dessus témoignent d'une course de démonstration de 100 km, organisée et remportée par Emile Anthoine, le 19 octobre 1924. Elles ont été prises au Vésinet dont on peut reconnaître certains détails et où se jugeait l'arrivée. Partis à minuit du Vésinet, les concurrents devaient boucler les cent kilomètres en moins d'une douzaine d'heures. Discrètement annoncé par la presse parisienne, l'épreuve ne déplaça pas les foules et le palmarès ne fit pas la une des journaux.
Rappelons que vingt ans plus tôt, Le Vésinet avait déjà été traversé par les concurrents de la Marche de l'Armée, épreuve de "seulement" 45 km réservée aux soldats de l'Armée française mais avec le "barda" et le fusil, compétition très controversée et pas renouvelée.

Anthoine aura partiellement gain de cause aux JO suivants, à Los Angeles, où furent courus les premiers 50 km marche, sur route, qui remplacèrent la traditionnelle épreuve de piste, souvent perturbée d’incidents multiples.

Emile Anthoine (1882-1969) en 1932

Personnage d'exception, Emile Anthoine reste le seul athlète à avoir détenu, en même temps, le record de France des 100 km de course et de marche, avec des performances, 7h25 et 10h15 établies en 1902, qui le classeraient deuxième dans les deux spécialités aux Championnat de France en 2011.
Actif dans une trentaine de disciplines, il a battu comme marcheur ou comme coureur, 21 records du monde et 85 records de France. De 1911 à 1913, il fut Champion de France du 100 m, du 400, du 1500, du saut en hauteur, en longueur, du lancer du poids et du disque !!!

Il fut plus tard, président du Cercle des sports de France. Il habitait Colombes, dans les Hauts-de-Seine [2] et sa ville lui a rendu hommage.

Il est mort le 13 décembre 1969, dans sa 88e année. Un centre sportif sur le champ de Mars, à Paris, non loin de la Tour Eiffel (Métro Bir-Hakeim, ligne 6) porte son nom.

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    Notes et sources :

    [1] En 1924, à la suite d'un incident d'arbitrage survenu au cours de l'épreuve de marche des Jeux Olympiques à Colombes, la Fédération Internationale d'Athlétisme Amateur ne reconnaissait plus la pratique de la marche comme sport olympique et supprimait championnats et records. En 1925, Emile Anthoine quittait la Fédération Française d'Athlétisme et créait la Fédération Française de Marche qui deviendrait l'Union Française de Marche en 1929 après sa reconnaissance officielle par le Haut-Commissariat aux Sports.

    [2] Il habitait au 49 rue des Gros Grès.

     


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