Syndicat d'Initiative et de Défense du Site du Vésinet, mai 2015 [1]

Pierre Gabaye : classique, jazz ... et montagne

Philippe Barbot, l'auteur de la notice consacrée par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique à Pierre Gabaye (édition 2015) le présente ainsi :

De la valse musette au poème symphonique, c'est ainsi qu’on pourrait abruptement résumer l'œuvre et la carrière de Pierre Gabaye, créateur aussi éclectique que prolixe. Jazz, classique ou musique légère, rien ne fut étranger à ce pianiste précoce, compositeur et enseignant reconnus, qui a collectionné les prix dès les années cinquante : harmonie, fugue et contrepoint au conservatoire de Paris, composition au concours des moins de 20 ans pour le Guide du concert, musique symphonique à l'ORTF, piano international pour la revue Jazz Hot, ou prix de Rome pour son adaptation musicale du Mariage Forcé de Molière.
Un éclectisme à l'image de la joyeuse variété des titres de ses œuvres, de Noquimé pour grand orchestre (1955) à Marche Pommarde pour orchestre de cuivres (1988), en passant par Boutade pour piano et trompette (1957), Trois Aubades pour quatre clarinettes (1964) ou Fleurs de printemps pour orchestre (1971). Le tout mettant aussi bien en valeur le piano que la harpe, les cuivres que les bois, l’accordéon que les percussions.

Pierre Gabaye au Vésinet,

4 juin 1989

Sociétaire définitif de la Sacem dès 1965, responsable du service de musique légère de Radio France de 1975 à 1990, amoureux de musiques au pluriel et de montagne au singulier, Pierre Gabaye vit désormais à Chamonix. Entre monts et merveilles...

Né le 20 février 1930 à Paris, Pierre Gabaye vécut près de 60 ans au Vésinet, au 55, allée de la Meute. Il fréquenta l'école communale de garçons, avenue des Pages, avant de rejoindre le Conservatoire. En 1951, sur la scène de la Salle des Fêtes communale, à l'occasion d'une soirée artistique organisée par le Syndicat d'Initiative au profit de l'œuvre le Repas des Vieux, Pierre Gabaye donne un récital de piano. Son « camarade d'enfance » Philippe Bouvard y prend part aussi en qualité d'auteur-acteur. C'est d'ailleurs Monsieur Gabaye père, fondé de pouvoir au Figaro, qui lancera un peu plus tard (1953) la carrière de Bouvard en le faisant entrer au Journal. [2]
Pierre Gabaye ne ménagea pas son soutien au Syndicat d'Initiative qui, devenu de Défense du Site fera de lui un « membre à vie ». La Ville lui a également rendu hommage pour sa participation aux activités du Conservatoire municipal où il enseigna dès sa fondation en 1970 et durant près de vingt ans.

Pierre Gabaye s'est éloigné du Vésinet pour goûter une heureuse retraite dans un lieu enchanteur qu'il décrit lui-même ainsi [3] : « Une maison à 1400 m d'altitude qui domine Chamonix et toute la chaine des Alpes. Un lieu magique mais retiré, entouré d'un jardin de montagne créé et entretenu par mon épouse ». Et il précise non sans fierté « nous avons obtenu un premier prix au concours des Châlets fleuris de la Vallée de Chamonix ».

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    Notes et sources :

    [1] Une biographie numérique de Pierre Gabaye, d'origine américaine et souvent copiée, donne le compositeur pour mort depuis 2000 ! une rectification était nécessaire. Pierre Gabaye est membre à vie du Syndicat d'Initiative et de Défense du Site du Vésinet, une disposition qui n'est plus prévue dans ses statuts mais qui l'était dans les années 60.

    [2] Visité par les journalistes de France 2 préparant un documentaire sur Philippe Bouvard en février 2015, Pierre Gabaye a évoqué cette anecdote.

    [3] Pierre Gabaye. Lettre au président du Syndicat d'Initiative et de Défense du Site du Vésinet, mai 2015.


Société d'Histoire du Vésinet, 2015 - www.histoire-vesinet.org