Le Vésinet, la revue n°21, Mars 2001

Wood Cottage classé monument historique

Dans les années 1860, la première orientation architecturale vésigondine, s'inspirant de la conception paysagère du comte de Choulot, tend à assimiler ses maisons à des fabriques, sortes de folies où se mêlent des caractéristiques, gothiques, classiques et anglaises.

Wood Cottage est le premier Monument historique classé du Vésinet.
© Société d'histoire du Vésinet, 2003

Le plus bel exemple de maison fabrique est certainement Wood Cottage, [1] situé au 122, boulevard des États-Unis.
II est construit en 1864 pour M. Taconnet par l'architecte Tricotel [2] considéré à l'époque comme le meilleur représentant de l'école rustique de la région. L'architecture de cette maison, tout à fait originale, se caractérise par un plan carré reposant sur un socle de brique. Les façades, avec étage en retrait et tourelle d'escalier, sont constituées de pans de bois de chêne, en grume écorcée encadrant des panneaux du même bois, hourdés en maçonnerie rustique utilisant les matériaux les plus divers : meulière, silex, débris de pierre...
En concurrence, le bois utilisé sera celui de la propriété dans laquelle on retrouvera fabriques de jardin et pigeonnier construits selon le même procédé. Les huisseries sont en chêne, ferrées et vitrées en petit verre mousseline de couleur, enchâssé en plomb. Les toits débordent largement sur les pignons empruntés à l'architecture anglaise.


Une english touch pour ces toits débordant largement sur les pignons.

Comme les huisseries de bois, les vitraux participent rendre la demeure particulièrement chaleureuse.

Le pigeonnier et les annexes assorties.

Depuis son origine, la maison est restée aux mains de la même famille. L'actuelle propriétaire, descendante de l'illustre Jean Racine (1639-1699), témoigne que son arrière grand-père, né en 1823, était arrivé au Vésinet en 1857 [3]. Disposant de grands moyens (il possédait notamment l'Hôtel de Louvre, à Paris), il avait acquis Wood Cottage à une époque où, souligne-t-elle, les propriétés disposaient de 20 à 25000 mètres carrés de terrain (il en reste aujourd'hui 3.400m²). [4]
Les guerres laissèrent de douloureuses cicatrices à cette demeure d'abord occupée par les Prussiens puis par les officiers de la Wehrmacht. Il ne fallut pas moins de quarante années à la propriétaire des lieux pour réhabiliter l'édifice, ses annexes et le parc qui avaient été laissés dans un état d'abandon pitoyable.

Wood Cottage a été étudié par l'Inventaire général du patrimoine. En juillet 1993, il a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Depuis le mois de septembre 2000, Wood Cottage est classé monument historique. Une protection très attendue par la propriétaire fière et heureuse d'habiter cette maison qui, dit-elle, a réellement une âme.

Wood Cottage en 2007.

Complément d'information :
C’est à l’unanimité que le conseil municipal du 26 juin 2007 acceptait la donation faite au bénéfice de la Commune du Vésinet. Selon le vœu de la donatrice, l’édifice devrait devenir un musée relatif à la commune, ses habitants et hôtes illustres ainsi qu’aux familles Taconnet-Racine. Concrètement, la commune ne pouvait prendre possession des lieux qu’à la mort de la propriétaire, ou à son départ.
Autre obligation exigée par la donatrice : que le parc soit ouvert au public.
Madame Suzanné étant décédée avant que le processus de donation ait été achevé, c'est finalement sous la forme d'un legs que Wood Cottage est entré dans le patrimoine de la Ville du Vésinet.

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    Notes :

    [1] Pour respecter le vœu de madame Suzanné, nous avons corrigé le présent texte, paru en 2001, en suprimant l'article « le » devant le nom « Wood Cottage ». Il faut dire « Wood Cottage » et non « LE Wood Cottage ». Nous signalons que le «é» du patronyme est un choix de l'intéressée qui n'est validé par aucun acte d'état-civil, aussi loin que l'on ait pu remonter.

    [2] Alphonse-Charles Tricotel, architecte, entrepreneur de construction et treillageur, fondateur en 1848 des Établissements Tricotel.

    [3] Cette date semble trop précoce. En 1857, La colonie du Vésinet n'existait pas. Dans les archives notariales, on trouve que M. Taconnet à acheté les lots 71 (1884m²) et 72 (1741m²) de l'ilot 26 à la 40e adjudication, à l'automne 1863 et plus tard le n°70 (1838m²) soit 5463m² qui constituaient la parcelle 272 du cadastre. Peut-être en 1857 avait-il eu connaissance du projet de la Compagnie Pallu mais alors, aucune parcelle n'était en vente.

    [4] Si, parmi les premiers acheteurs, certains ont pu se constituer de vastes propriétés en réunissant plusieurs lots, la taille moyenne d'un lot était de l'ordre de 2000m², soit proche des lots ayant constitué la propriété de M. Taconnet. Son fils, Mario (1858-1937) a acquis à la génération suivante (1902), la propriété contigüe (lot 69, 1750m²) soit la parcelle 273 du cadastre, portant la surface totale de la propriété Taconnet à 7301m² avant qu'elle soit morcelée dans les années 1960.


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