Vivre au Vésinet, n°23, juin 1994

Le Vésinet, site classé
Pierre Amelot
Ancien président du Syndicat d'initiative et de défense du site du Vésinet

Dès octobre 1930, lors d'une réunion du Syndicat d'initiative, le président Couturier signala les avantages et les inconvénients du classement instauré par une loi du 2 mai 1930. Il était d'avis de proposer le classement du site du Grand Lac. M. de Tomaz demanda s'il ne serait pas possible de prévoir le classement du Vésinet tout entier.
M. Fred Robida indiqua que le cahier des charges du Vésinet donnait déjà en grande partie satisfaction et qu'il suffirait d'obtenir une sorte de réassurance selon laquelle le cahier des charges serait bien observé. Il proposa d'émettre le voeu que tout le parc du Vésinet soit incorporé dans l'étendue du territoire à inscrire à l'inventaire prévu par l'article 4 de la loi. M. Robida intervint ensuite auprès du ministre des Beaux-Arts pour que les pouvoirs publics s'intéressent à toute une région formant avec le parc du Vésinet, le premier plan du superbe point de vue qui s'étale au pied de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye.
Le 18 octobre 1931, le Syndicat d'initiative créa deux groupes de travail pour maintenir et parfaire les règles imaginées par les créateurs du Vésinet. Le premier, composé de MM. Colombey, Jarry et Schiffer avec pour mission d'étudier les améliorations à apporter au cahier des charges établi en 1858-1863, Le second, composé de MM. Robida et Jarry chargés de proposer le classement du site et de hâter l'inscription du parc du Vésinet à l'Inventaire des monuments naturels et des sites.
Des pétitions, des démarches auprès des parlementaires et des pouvoirs publics, des articles dans la presse régionale et nationale étaient à préparer. Le Syndicat des propriétaires du Vésinet fut ensuite approché par le Syndicat d'initiative dont les arguments sont consignés dans une lettre adressée à M. Ozouf, Président du syndicat des propriétaires, lettre qui se terminait par l'appel suivant: "Pour mener à bien cette oeuvre d'intérêt général, il semble que le moment soit venu pour votre syndicat de manifester, par un vote de son conseil, son approbation à l'égard des efforts poursuivis par le Syndicat d'initiative et confirmant que les propriétaires du Vésinet les suivent avec intérêt et sont entièrement d'accord avec nous dans le désir de les voir aboutir".
Le président du Syndicat des propriétaires répondit le 15 avril 1932 "J'ai le plaisir de vous faire connaître que, dans sa dernière séance, notre conseil a pleinement approuvé votre requête et a émis le voeu que la Commission départementale des monuments naturels et des sites décide l'inscription du territoire de la commune du Vésinet à l'inventaire prévu à l'article 4 de la loi du 2 mai 1930."

  • Le plan d'aménagement

Les choses en étaient arrivées là lorsque parut au Journal Officiel, la loi du 14 mai 1932 qui prescrit à l'article 5 "Les communes comprises dans la région parisienne qui ne sont pas déjà tenues, en vertu des lois du 14 mars 1919 et du 19 juillet 1924, d'avoir un projet communal d'aménagement, d'embellissement et d'extension, devront par arrêté du ministre de l'Intérieur, rendu sur avis du Comité supérieur de l'aménagement et de l'organisation de la région parisienne, être mises dans l'obligation d'établir le projet prévu par les lois précitées".
Pour répondre à la marche très favorable des événements, les deux groupes de travail du Syndicat d'initiative fusionnent et deviennent la Commission de l'aménagement du Vésinet, dont les compétences couvrent à la fois le classement du site et le renforcement du Cahier des charges d'Alphonse Pallu du 10 mai 1863, reçu par Maître Moisson, Notaire à Saint-Germain-en-Laye.
La Commission départementale des sites, instituée par la loi du 2 mai 1930, décide le 20 juin 1932, d'envisager le classement de la partie du territoire du Vésinet appartenant à la commune, ainsi que des parties appartenant à des propriétaires privés, dont le Syndicat d'initiative du Vésinet est officiellement chargé de recueillir les adhésions.
Pour sa part, le maire, Henri Cloppet, crée une commission extra municipale pour l'établissement du plan d'aménagement communal et invite le président et le secrétaire général du Syndicat d'initiative, MM. Jarry et Schiffer, à en faire partie, aux côtés de M. Gaston Jonemann, Conseiller municipal, Président, de M. Colombey, Architecte, Conseiller municipal, et de M. d'Escrivan, Architecte.
La Commission départementale des sites de Seine et Oise approuva en octobre 1933, conformément à la demande du Conseil municipal du 27 janvier 1933, le classement des parties du site du Vésinet appartenant à la commune ou à la Société Lyonnaise des Eaux, celles-ci sur demande du Syndicat d'initiative. Par arrêté du 1er février 1934, le ministre de l'Education Nationale (Beaux-Arts) inscrit à l'inventaire des sites dont la conservation présente un intérêt général le lac de la Station, le lac Supérieur, le lac de Croissy et le lac Inférieur du Vésinet, avec les cours d'eau qui les réunissent entre eux et au lac des Ibis.

  • Les arrêtés de 1934

Puis un arrêté du 5 février 1934 classe parmi les monuments naturels et les sites de caractères artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, le Grand lac ou lac des Ibis et la majeure partie des pelouses formant le domaine communal. La Commission de l'aménagement du Vésinet voyait ainsi ses efforts largement couronnés de succès dans le domaine de la protection relevant des Beaux-Arts.
Restait encore à mener à son terme, avec la municipalité, le Plan d'aménagement qui était, lui, supervisé par le ministère de l'intérieur. On l'appelle d'ordinaire le règlement de 1937. C'est, en effet, le 29 juillet 1937 que le président de la République, Albert Lebrun, signa le décret dont l'article premier dit: "Est déclaré d'utilité publique le projet ci-annexé, d'aménagement, d'embellissement et d'extension de la commune du Vésinet (Seine et Oise)".

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