Affiches de propagande pour la promotion du Vésinet (1897-1904)
La première affiche connue, produite en 1897, porte la signature d'Albert Robida, installé depuis peu au Vésinet. Elle est destinée à faire connaitre aux usagers de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest, le nouveau et prometteur lieu de villégiature en plein développement le long de la ligne Paris - St Germain-en-Laye. Pour cette affiche (conservée au Musée de l'Ile de France) Robida s'est associé à Eugène Bourgeois, autre peintre (paysagiste) et affichiste assez connu à l'époque. Il était en même temps fonctionnaire à la Préfecture de la Seine (commis/rédacteur/inspecteur des Beaux-Arts) et avait son atelier face à l'Hôtel de ville de Paris, où (selon Georges Poisson) il ne se rendait que pour signer le registre de présence. Il était également l'auteur, dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, de sept vues du Vésinet, qui ont été perdues. Autodidacte, Bourgeois n’a pas vingt ans lorsqu’il expose pour la première fois au Salon de Paris en 1874. Employé à l’Inspection des Beaux-Arts de la préfecture de la Seine, il est médaillé au salon des artistes français dès 1881. Il reçoit rapidement des commandes officielles pour décorer des bâtiments publics ; il réalise également des cartes postales et des affiches publicitaires, en particulier pour des sociétés de chemins de fer. On trouvera sa contribution à une autre affiche (voir plus bas). Cette affiche, reproduite par la Ville du Vésinet, dans différents formats, à partir de l'Exposition du Centenaire de la commune (1975), figurera sur la jaquette de la 2e édition du livre de Georges Poisson La Curieuse Histoire du Vésinet.
Le Vésinet, villégiature parisienne (1897)
Affiche des Chemins de fer de l'Ouest due à Albert Robida. Musée d'Ile de France.
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Le Vésinet, villégiature parisienne (1897)
Détail : vignette due à Eugène Bourgeois (1855-1909)
Deux autres affiches, de même type et de même format, nous sont parvenues, conservées aux archives municipales. La première (peut-être la plus connue parce que la plus largement utilisée) est due à Jacques Wely et datée de 1899. André-Jacques Marie Videcoq-Wely dit Jacques Wely (1873-1910) est un artiste peintre, dessinateur, caricaturiste et illustrateur français, l'un des plus prolifiques de la Belle Époque. Après avoir tenté une carrière commerciale en Chine, il signe en 1896 à Paris ses premiers dessins « Made » puis rencontre Edmond Vernier qui signe « Dola ». Le duo produit alors des illustrations sous le nom de « Madola » destinées à des livrets d'opérettes, qu'ils produisent d'abord dans leur atelier lithographique. Entre 1897 et 1904, sous le seul nom de plume « Jacques Wély », il exécute un certain nombre de couvertures de partitions, entre autres pour l'éditeur parisien Enoch. Vers la même époque, il livre un nombre de plus en plus important de caricatures à la plupart des journaux satiriques et légers. Il s'engage également dans la production de tableaux, proposant par exemple 12 toiles au Salon des humoristes en 1909. Membre de la Société nationale des beaux-arts, ses gouaches montrent des scènes de couple humoristiques ou tendres, des portraits de femmes, quelques natures mortes, qui s'inscrivent parfois dans la lignée du postimpressionnisme. Jacques Wely disparait en 1910, âgé de 37 ans, victime de la tuberculose.
Le Vésinet, villégiature parisienne (1899 et ~1902)
Deux affiche des Chemins de fer de l'Ouest dues à Jacques Wely à gauche et Louis Galice à droite.
Cartes postales reproduites à partir d'originaux, archives municipales du Vésinet.
La dernière affiche porte la signature de Gallicelo, un des pseudonymes de Louis Galice (1864-1935) affichiste, imprimeur, dessinateur et artiste peintre. Elève de Jules Chéret, Galice débute sa carrière au milieu des années 1880, d’abord comme illustrateur. Il s'oriente vers le monde de l’affiche à la fin des années 1890 et en novembre 1899, il ouvre avec un associé l’atelier « Affiches Louis Galice et Cie » dans le 10e arrondissement de Paris. Deux ans plus tard il en devient seul propriétaire, la société étant renommée les « Affiches Louis Galice ». Très représentatives de la Belle époque, ses lithographies sont orientées principalement vers les spectacles de cirque: Valah-Duk (1885), La Grenouillère (~1890), Cirque d’hiver (~1900), Les deux Arlequins (1909)…, ainsi que le théâtre et le cabaret : Le grillon (1890), Ciraunez de Blairgerac (1895)… Entre 1894 et 1908, il réalise plusieurs affiches pour l’annuelle « fêtes des fleurs du bois de Boulogne » qui se tient sous le patronage de la presse parisienne et en hommage aux « victimes du devoir ». Cette troisième affiche n'est pas datée mais les détails vestimentaires du personnage principal suggèrent une parution postérieure à 1900. D'une composition similaire à la première version (signée par Robida), on y retrouve les mêmes paysages sous la signature d'Eugène Bourgeois (Grand Lac, Château d'eau, Kiosque Hériot) et l'automobile y fait sa première apparition.
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Le Vésinet, villégiature parisienne (~1902) Cette automobile n'est pas sans rappeler la Voiturette Chameroy produite au Vésinet à cette époque.
Ces trois affiches ont figuré en bonne place dans le Musée d'Histoire Locale pendant la courte existence de celui-ci (1985-1990). La Ville du Vésinet, entre 1975 et 1990, les a fait reproduire sous différents formats : affiche (90x60cm) ; poster (30x40cm) ; carte postale (14x10,5cm) qui furent commercialisés. On a employé largement ces images empreintes de nostalgie, rappelant le temps où les terrains boisés de l'ancienne garenne valaient 3 frs le mètre.