Histoire du Vésinet > le Vésinet au quotidien > Les débuts (Version 2 mai 2020)

L'occupation prussienne au Vésinet (1870-1871)

Dès l'annonce de la défaite de Sedan, le 1er septembre 1870 suivie de nouvelles alarmantes sur la progression des troupes prussiennes, un grand nombre des familles qui étaient venues passer la saison estivale au Vésinet, choisirent de regagner leur domicile principal – souvent parisien. Des scènes d'exode sont décrites par des témoins, tel Sutter Laumann [1] dans ses mémoires publiés vingt ans plus tard.

    Ils s'empressaient de rentrer, écrit-il, non parce que la saison était trop avancée, le temps était splendide et présageait un merveilleux automne, — mais parce que les nouvelles augmentaient de gravité. ... à la gare du Vésinet où nous nous étions rendus pour prendre le train, il y avait foule. Nous dûmes attendre, comme bien des gens, car de Saint-Germain les trains descendaient bondés. On se bousculait. Chaque place était enlevée d'assaut, et je ne sais même pas si l'on prenait des billets.

Les courses hippiques ont cessé au mois de juillet, remplacées durant les mois d'été par des courses de vélocipèdes. Tout cela va s'interrompre jusqu'à l'automne 1871. Si de nombreux habitants restent sur place, plus aucune animation de vient égayer leur quotidien. Les élections municipales se déroulent en août normalement. Le préfet ordonne le recensement des ressortissants allemands. On en dénombre quatre sur le territoire du Vésinet : une mère de famille résidant sur la commune de Chatou, deux Wurtembergeois dans la partie relevant du Pecq, une enfin dépendant de Croissy.
Pour la Compagnie Pallu c'est un nouveau revers. Après l'interruption des adjudications publiques en 1865, faute d'acquéreurs en nombre suffisant et quelques années de relatif silence, elle avait lancé en 1869 une importante campagne publicitaire concrétisée par de nombreuses annonces dans tous les grands journaux parisiens. Plusieurs centaines de lots n'avaient pas encore trouvé preneur. Cette tentative de relancer la vente des terrains fait long-feu à cause de la guerre.

Une des premières manifestations de la guerre est l'arrivée d'une trentaine de soldats blessés à l'ambulance (hôpital de campagne) qui a été mise en place à l'Asile impérial par le médecin-chef, le docteur Chairou. La liste des blessés est diffusée dans la presse (par exemple le Paris-Journal du 2 septembre et La France du 3).

    — François Adrien, de La Chapelle, soldat au 50e de ligne (plaie du pied gauche)

    — Jules Amelune, de Bois-Commun, sergent-major au 18e de ligne (coup de feu à la cuisse gauche)

    — Hérold Baudet, de Voutzac, soldat au 47e de ligne (coup de feu au genou droit)

    — Belkasem-ben-Mohammet, d'Alger, soldat au 1er tirailleurs (plaie de la jambe gauche)

    — Jean Bruntet, de Tueil, soldat au 50e de ligne (contusions du genou droit et du pied gauche)

    — Jean Caloche, de Sarceau, soldat au 1er zouaves (coup de feu à l'épaule gauche)

    — Léopold Gaspard, de Lauterbourg, soldat au 1er de ligne

    — Jean Chaveyre, du Bourget, soldat au 56e de ligne (plaie contuse de la tête)

    — Ferdinand Cochonneau, de Saint-Vincent,

    — Duleroy, soldat au 2e de ligne (coup de feu à la tête)

    — François Cozie, de Plongavez, soldat au 40e de ligne (coup de feu à l'avant-bras droit)

    — Louis Delahaye de Monizon, 41e de ligne (blessure à la tête)

    — Jean Delgueyroux, de La Forge, soldat du 1er génie (plaie à l'avant-bras)

    — Djoul Abd-el-Kader, soldat au 1er tirailleurs (plaie au doigt)

    — Jean Latigaut, de Massery, soldat au 3e zouaves (coup de feu à la main, amputation de l'index)

    — André Laurent, de Reuil, soldat au 19e bataillon de chasseurs à pied (plaie contuse à l'aine)

    — Victor Meunier, d'Annonay, soldat au 67e de ligne,

    — Mouza-Ben-Achmeth, soldat au 1er tirailleurs (plaie de l'avant-bras gauche)

    — Joseph Nauberdu, de Bergen, soldat au 2e zouaves (amputation de l'index gauche)

    — Jean Sardin, de Ciot, soldat au 17e de ligne (contusion à la main gauche)

    — Simon, de Boutigny, soldat au 17e de ligne (contusion)

    — Eugène Serez, du Broc, soldat du 51e d'artillerie

    — Nicolas Scheffer, de Secréderiche, soldat au 1er de ligne (plaie au pied)

    — François Surgent, de Saint-Laurent, soldat au 50e de ligne (plaie contuse)

    — Louis-Adolphe Veoux, de Privas, trompette au 6e d'artillerie (épaule démise)

    — Théodore Vessière, de Sully-La Chapelle, soldat au 47e de ligne (contusion des pieds)

Ils seront assez rapidement transférés dans l'hôpital de campagne installé dans le château de St-Germain. Sous le « drapeau protecteur de la Société internationale de secours aux blessés » qui flotte depuis plusieurs jours sur le sommet et à la principale porte du château, la trentaine de blessés, évacués de l'Asile du Vésinet « y reçoivent les soins empressés de tous les médecins de la ville, dont plusieurs portent déjà la casquette et le brassard à la croix rouge sur fond blanc de la Société internationale ».
Le 4 septembre, la IIIe République est proclamée à Paris et le lendemain, le préfet donne l'ordre de faire sauter tous les ponts de la Seine. [2]
On commence à se préoccuper des fuyards. « Il faut rester au poste que vous assigne votre position relative d'habitants et de concitoyens » lit-on dans le Gaulois daté du 12 septembre.

    Lorsque, aux heures des trains de grandes lignes, on se rend aux gares de l'Ouest, de P.-L.-M. et d'Orléans surtout, on est étonné de voir la quantité d'hommes jeunes qui, seuls, n'ayant même pas pour excuse d'accompagner des dames, partent et fuient Paris au moment du danger. Il faut flétrir comme elle le mérite la conduite indigne de ces hommes. Ils devraient être obligés, avant de prendre leur billet, de décliner leurs nom, prénoms, qualité et adresse, indications qui seraient chaque jour affichées à la porte des mairies. Ces mêmes hommes devraient être déclarés déchus de leurs droits de citoyens et déclarés incapables, à l'avenir, d'occuper aucune fonction civile et militaire. [3]

L'investissement

    Les bois sont le séjour favori des Prussiens. C'est sous leur ombre qu'ils glissent silencieusement leurs masses, comme la panthère rampe vers sa victime. Ils viendront planter leurs batteries dans les ravins de Meudon, pour prendre d'enfilade la ligne droite de l'enceinte, depuis la porte du Point-du-Jour jusqu'à la porte Dauphine.[4]

En 1815, les Prussiens de Blücher avaient contourné Paris par le nord, suivi la presqu'île du Vésinet, passé le pont de Chatou et enlevé Versailles. Puis, traversant les bois, ils s'étaient postés sur Meudon, Clamart et Issy. Ils affectionnent cette route, qui leur parait plus sûre, protégée qu'elle est par les méandres de la Seine et par les forêts qui couvrent au loin toute la partie ouest-sud-ouest de la capitale. A cette époque, les Prussiens venaient de Waterloo et durent gagner Meudon par leur droite. Ils arrivent cette fois sur Paris, à la fois par le nord et par l'est, ce qui faisait pressentir leur double attaque par Épinay sur la plaine d'Asnières, et sur Passy par les ravins de Meudon.
L'armée qui arrive de l'est, entre la Marne et la Seine, franchit celle-ci assez loin dans le sud, gagnant vers le nord-ouest les bois de Meudon
.Une autre portion de leur armée, traversant la Seine vers Épinay à la faveur des îles, s'avançe par Gennevilliers et Asnières, afin de se combiner avec l'attaque du sud et embrasser tout le côté ouest de l'enceinte parisienne. Les batteries du Mont-Valérien ne peuvent atteindre ni l'une ni l'autre. Elles feront leur jonction en arrière de la forteresse par le bois du Vésinet, Montesson, Houilles et Sannois qui occupent donc une situation d'importance stratégique.

Carte de l'investissement de Paris, octobre 1870.

La couleur ocre indique la position des troupes prussiennes assiégeant Paris et sa banlieue.

Dès le 20 septembre 1870, les Prussiens investissent la presqu'île du Vésinet comme on la désigne dans les bulletins d'information. C'est le mot d'investissement que l'on trouve généralement plutôt qu'invasion ou occupation. Arrivant par Saint-Germain, ils se répandent dans la plaine au bord de la Seine et dans le bois. Ils gardent les ponts, des « ponts de bateaux » qu'ils installent pour remplacer les ponts endommagés. On estime alors à 8 000 hommes la troupe qui a occupé St-Germain puis s'est dispersée alentour. [5]

Siège de Paris, 1870

«...Ils gardent les ponts, des « ponts de bateaux » qu'ils installent pour remplacer les ponts endommagés.»

Le 21 septembre, le 4e bataillon de chasseurs à pied du prince royal de Saxe investit Chatou. Il y demeurera jusqu'au 1er décembre puis divers bataillons de la Landwehr lui succèderont. Selon un rapport de la préfecture, 2 400 habitants ont quitté le village. [6]
Le Bois du Vésinet, bien que déjà largement défriché, cache un grand nombre de tirailleurs ennemis qui ont ouvert une voie leur permettant de communiquer rapidement avec Montesson et les Carrières-Saint-Denis (actuel Carrières-sur-Seine). La colonie du Vésinet, partagée entre Chatou, Croissy et Le Pecq, compte alors quelque 300 maisons principalement dépendant de Chatou, et près de 1300 habitants. Mais les parties boisées sont encore nombreuses et si les officiers prussiens logent dans des maisons réquisitionnées, la troupe pratique le camping sauvage dans les taillis et les prairies.

Campement prussien dans le bois (1870)

    Le 23 septembre, pendant toute la journée, la terrasse de St Germain, dans les deux tiers de sa longueur, a été couverte de promeneurs qui s'attendaient à voir sauter ou brûler une fraction du pont du chemin de fer, ce qui n'a pas eu lieu. Pendant la soirée, des curieux, moins nombreux, il est vrai, stationnaient vers neuf heures sur la Terrasse, contemplant le triste spectacle de l'incendie qui s'élevait en arrière et à droite du Mont-Valérien. [7]

Des patrouilles, composées de vingt à trente uhlans, circulent incessamment dans toute la presqu'île du Vésinet et visitent Argenteuil, Bezons, Houilles, Carrières-Saint-Denis, Chatou, Croissy, Le Vésinet, Montesson et Sartrouville. En exécution de l'arrêté du prince Albert de Saxe, commandant des troupes d'occupation, la possession des armes est interdite aux habitants de ces localités. Le couvre-feu est imposé à partir de 20 heures. Les patrouilles visitent les villages et l'on assure que l'autorité prussienne a pris cette mesure à la requête de la population qui se plaignait des réquisitions qui lui étaient imposées.
A Bougival, de l'autre côté du fleuve, campent des Badois et des Bavarois. Les avant-postes de ce côté sont établis entre Rueil et Bougival. La route n°13 (qui n'est plus impériale depuis le 4 septembre), est coupée en avant de la Malmaison par une énorme barricade fortifiée de canons et derrière laquelle s'abrite l'artillerie badoise.

Dans le village de Rocquencourt, sur la route de Saint-Germain à Versailles, s'est établi le quartier général des corps qui occupent la Celle-Saint-Cloud et Bougival, et qui se répandent en avant-postes jusque dans notre presqu'île. Les officiers de l'état-major ennemi peuvent, de là, voir jusqu'à Saint-Denis les différents points où leurs troupes sont campées et leur envoyer les ordres qu'exigent les circonstances. Ils sont, de plus, en relations constantes avec Versailles. Sur une petite hauteur, près du village de Montesson, les Prussiens ont essayé de se fortifier. Ils ont voulu établir une redoute et des batteries, mais ils comptaient sans la longue portée de l'artillerie du Mont-Valérien. Ces batteries ont dû être démontées. [8]
Le 26 septembre, à cinq heures du matin, le Mont-Valérien tire quatre obus « dans les taillis du Vésinet » sur la commune de Croissy où s'étaient établis quelque 5 000 fantassins. Les Prussiens tenteront cependant d'édifier à Croissy un nouveau bastion. Le 10 novembre, un nouveau tir nourri du Mont-Valérien les contraint d'abandonner entièrement leurs travaux. [9]
« Une attaque générale est prochaine » croit-on savoir à La France car « le roi Guillaume vient de passer en revue toute son armée qui se concentrerait en partie aux abords de la presqu'île formée par la Seine entre Saint-Cloud et le Vésinet ». On prête à l'ennemi l'intention d'attaquer dans la direction de Colombes à Asnières où, « d'après ses calculs, les feux ne se croisent que faiblement ». Ceci lui permettrait, en sacrifiant quelques milliers d'hommes, de franchir la Seine entre Neuilly et Asnières, de manière à aborder directement l'enceinte depuis Clichy-la-Garenne jusqu'au bois de Boulogne et à Passy, et de tenter une attaque de vive force au nord-est des positions françaises. Mais le Mont-Valérien et ses canons veillent. [10].

Vue panoramique du bassin de la Seine à l'Ouest de Paris depuis la Redoute de Brimborion (Sèvres).

A droite au milieu, le fort du Mont Valérien. Au fond, à gauche, l'aqueduc de Louveciennes. Au milieu, la presqu'île du Vésinet.

Dessin de M.H. Clerget pour le Monde Illustré (détail).

La guerre se résume alors à un échange de tirs au canon. Les perfectionnements techniques font que désormais, on tire sur un ennemi trop loin pour être vu ! Ainsi, un petit bastion édifié par les sapeurs prussiens à Croissy est sans cesse bombardé d'obus tirés du Mont-Valérien, largement au jugé.
Un officier français commente :

    Je constate qu'en effet il faut être doué d'une vue à part pour voir à cette distance et, dans cette vaste plaine, savoir où envoyer un projectile ailleurs que dans la lune.

    – Du reste, ici, continue mon aide de camp, nous avons tous de bons yeux, et le matin, quand il n'y a pas de brume, nous distinguons parfaitement les Prussiens manœuvrant dans le champ de courses du Vésinet ; nous pouvons même dire quelles manœuvres ils exécutent !

    – Mais, fais-je ahuri, où prenez-vous le champ de courses du Vésinet ?

    – Là-bas, devant Saint-Cloud, sur le bord de la Seine. Voulez-vous ma longue-vue ?

    – Non, merci. Au moins, comme cela, je vois du bleu, c'est toujours moins triste que du noir. Mais, quant au Vésinet, va te promener !

    – Vous n'êtes pas myope ?

    – Je l'espérais encore tout à l'heure, mais à présent !

    Réellement, à contempler cette immensité, le vertige vous prend et cette guerre à distance, où l'ennemi ne se voit pas et se devine à peine, est effroyable. [11]

La Valérienne, un énorme canon de marine, pouvait atteindre la terrasse de Saint-Germain à 9 km. On cite les résultats de trois canonnades de cette gigantesque pièce : Le premier coup fut visé sur l'arbre dit Orme de Sully, près de la ferme du Vésinet et porta non loin du pont de bateaux ennemi, en tuant par ses éclats deux vedettes prussiennes. Le second obus arriva au pied de la Terrasse, dans le cimetière du Pecq. Le troisième obus tomba dans le bois du Vésinet, sur un convoi dans lequel il jeta un certain désarroi. Mais les tirs de l'artillerie du Mont-Valérien firent aussi des dégâts « collatéraux ». L'église de Chatou fut presque entièrement détruite ainsi que le presbytère voisin et quelques bâtiments alentour.

Une patrouille prussienne en tournée d'observation entre Chatou et Le Vésinet

Gravure de J.B. Smeeton d'après un croquis de M. Urrabieta, pour L''Illustration, n°1474, 1871.

 

Un habitant du Vésinet, qui a pu s'échapper, raconte au reporter du Constitutionnel que le village est occupé par des Wurtembergeois qui, après avoir tout pris pour leurs propres besoins, en laissant les habitants dans le dénûment le plus absolu, se sont répandus dans les environs et ont coupé les bois et ravagé les champs. [12]

    Vous comprendrez l'importance qu'il y a à soulever les populations, à armer chaque hameau, chaque village, pour la défense de ses foyers.

    Je me fortifie de plus en plus dans l'idée que Ies Prussiens veulent tenter un coup de main dans l'anse de la Seine, entre Sèvres et Driancourt. Ils sont, en effet, revenus à la charge, dévalant du Vésinet par la forêt de Saint-Germain. On a laissé une partie de leurs troupes passer la Seine à Bougival sur un pont de bateaux qu'ils venaient de construire. Au moment jugé propre, le Valérien fit entendre sa voix tonnante, le pont s'écroula et les troupes qui s'y trouvaient tombèrent dans la Seine. Deux regiments de cavalerie qui avaient passé furent entièrement anéantis par une sortie des troupes du fort qui s'effectua au même instant avec le plus grand entrain. Les mobiles de Paris ont marché au canon et ont fait très bonne contenance. Ce succès suffit pour leur faire faire une autre fois des prodiges. [13]

Un autre témoignage est celui d'un propriétaire du parc du Vésinet qui a demandé et obtenu, peu après l'armistice, un laisser-passer pour aller visiter sa maison et pouvoir constater l'état dans lequel se trouvaient son jardin, ses meubles, sa cave, ses provisions diverses.

    Lorsqu'il arriva dans le parc, il put constater qu'en général les maisons ne semblaient pas avoir été saccagées, mais toutes ont été fouillées et plus on moins pillées ; seulement le pillage a été entendu de diverses façons. Ainsi le propriétaire a retrouvé intacte une cave garnie de fort bon vin; pas une bûche ne manquait, pas une pomme de terre n'avait été enlevée en revanche, toutes les armoires et tous les meubles à tiroirs étaient forcés ; s'ils avaient résisté ils étaient brisés ; les autres meubles intacts ; le linge, des quantités de robes de femme et d'enfant, des petites layettes avaient été emportées jusqu'au dernier morceau. On voyait que le pillage avait dû être fait par quelque bon père de famille qui pensait à sa femme, à ses filles, à son petit dernier. c'est touchant enfin !

    Des pendules, il n'avait pu en trouver le pauvre bon soldat de landwher. On avait déjà signalé le goût tout particulier des Prussiens pour ce meuble que remplace chez eux le coucou de la Forêt-Noire. On avait eu le soin de les enlever, et de les ramener à Paris. A part cette razzia de linge et de garde-robe opérée violemment dans les meubles, la maison et le jardin étaient en parfait état aussi son propriétaire a-t-il assez vite pris son parti. Il s'attendait à bien pis. [14]

Les archives de Chatou conservent quelques témoignages de ces "pillages": quelques bouteilles de vin ici, de la vaisselle là.
Après la signature des préliminaires de paix, en mars 1871, un bac provisoire à usage civil est mis en place, permettant de nouveau des échanges entre la presqu'île et les villes avoisinantes. Le pont ferroviaire entre Rueil et Chatou est réparé en deux mois (juillet-août 1871), et la continuité de la ligne rétablie.
Les journaux multiplient les témoignages sur les conditions et les conséquences de l'occupation.

    Il n'est pas de Parisiens qui ne connaisse ces jolies propriétés, situées de chaque côté du chemin de fer entre le Pecq et Chatou. Presque toutes aujourd'hui sont abandonnées; la porte est défoncée, les vitres sont brisées, les caves ont été fouillées, des bouteilles vides jonchent les pelouses, de larges taches de vin souillent les parquets et les marches des escaliers, les meubles sont brisés, les rideaux pendent en guenilles aux fenêtres ouvertes ; partout enfin on sent l'orgie du paysan devenu soldat, qui pille et se soûle pour le plaisir de la chose. Puis, de loin en loin, on aperçoit une maison dont les cheminées fument, la grille est fermée, un jardinier relève les paillassons d'une petite serre, des enfants courent dans les allées après un soldat prussien, qui, une fois attrapé, se laisse tranquillement tirer les moustaches, et, de fait, sert presque de bonne d'enfant; tout enfin respire le calme, l'aisance et la tranquillité. Ce sont de bons bourgeois qui sont bravement restés chez eux, que l'on a fait respecter avec le plus grand soin, et qui en sont quittes pour loger et nourrir quelques soldats. On leur défend, il est vrai, de sortir après la nuit tombante ; on les contraint à cacher leurs lumières, mais à part cette petite gêne, on les laisse libre de leurs mouvements, et chacun d'eux se félicite d'avoir évité à si bon marché le pillage de sa maison. [15]

Dans la journée du 19 janvier 1871, par suite du dégel, les chemins étaient impraticables. L'artillerie que les Prussiens faisaient avancer à travers Le Vésinet pour contenir une offensive des troupes françaises sur la rive gauche de la Seine, vers Bougival, progressait péniblement sous le regard de quelques témoins goguenards. [16]
Le 20 janvier, le gouvernement de la Défense nationale s'était résolu à demander l'armistice, dont il avait une première fois repoussé les conditions en septembre, lors de l'entrevue de Ferrières. Le manque de vivres, le bombardement quotidien et la succession des échecs militaires provoquaient une agitation croissante de la population parisienne qui fit craindre au gouvernement provisoire une prochaine révolte. Il décida donc de cesser le combat au plus vite. Le 22 janvier, des Parisiens excédés par la faim et les bombardements, réclamaient l'élection d'une commune. Une fusillade éclata entre manifestants et gardes nationaux, faisant cinq morts et une vingtaine de blessés.
Pressé d'en finir, le gouvernement adressait secrètement, le lendemain, une demande de négociation à Bismarck. Le 26 janvier un armistice était signé et aussitôt appliqué. Le 28 janvier furent signées les « conventions militaires ». Toutefois, cet armistice ne concernait pas les opérations militaires dans l'Est de la France car les négociations sur le futur tracé de la frontière franco-allemande n'avaient pas encore abouti. Pour accélérer les choses, les Prussiens renforcèrent leur occupation, faisant peser sur les populations un surcroit de mesures contraignantes. Ce fut le cas au Vésinet et alentour.

    Le Vésinet a moins souffert que Chatou. Une maison a eu toutes ses vitres brisées, une autre a servi de caserne. Tous les habitants du Vésinet rentrent en masse. Le village est occupé par des troupes de la landwehr. Le chemin de fer de Saint-Germain ne fonctionnant plus, les piétons et les chevaux suivent la voie et passent sous la voute. On note qu'elle est désormais éclairée au gaz. Un progrès dû aux Prussiens mais très apprécié. [17]

Après l'armistice signé le 28 janvier 1871, la situation se détend hors de Paris où commence l'insurrection et certains parisiens ou proches banlieusards préfèrent venir au Vésinet pour s'éloigner des combats et bientôt de la Commune. Ce sera le cas de Georges Bizet qui, revenant au Vésinet avec sa jeune épouse, note dans sa correspondance : « Nous sommes ici campés, sans livres, sans effets et pas moyen de rentrer à Paris. » Et quelques jours plus tard : «... Nous sommes ici tout à fait en sûreté, hélas ! ... Au Vésinet, les Prussiens sont chez eux, leurs patrouilles se multiplient, mais nous n'en sommes pas incommodés. »

L'armistice général intervint le 15 février 1871. L'ordre fut alors donné à la place fortifiée de Belfort de se rendre, ce qu'elle fit, le 18 février, l'ennemi lui rendant les honneurs de la guerre. Après l'armistice, des escarmouches opposèrent les troupes de la Commune de Paris aux troupes "régulières", les Versaillais.

    Les Allemands assistent-ils impassibles à tous ces conflits? Cela est impossible. Aussi les voilà qui envoient des patrouilles pour visiter le village de Colombes, inspecter Argenteuil, où ils laissent quelques postes, et surveiller la presqu'île du Vésinet, Bezons, Chatou, Houilles, Carrières-Saint-Denis, Sartrouville, Montesson, Le Vésinet. [18]

     

    Le fait même de la concentration des forces prussiennes autour de Paris est maintenant indéniable.

    Il y en a à Choisy, à Chatou, au Vésinet, à Aubervilliers, à Romainville, à Bondy, et les troupes ont déjà construit d'énormes ouvrages de fascinage et de gabions et réarmé les forts de l'Est. Or, ces troupes, que veulent-elles? Quel est le but de ces concentrations ? Sont-elles réellement une menace contre Paris ? Les journaux anglais, d'après l'agence Reuter, en affirment que le traité signé dans l'ancienne ville libre de Francfort-sur-le-Mein entre de Bismarck et Jules Favre contient, disent-ils, un article additionnel tenu secret jusqu'à ce jour. Par ce traité, le prince de Bismarck, au nom de l'Allemagne, s'engage à prêter le concours de l'armée de l'empereur Guillaume au gouvernement de Versailles, pour faciliter le prompt renversement de la Commune de Paris. [19]

A la date du 23 avril, un reporter note dans son carnet [20]:

    Avoir fait faire un laissez-passer à Enghien pour le département de l'Eure. Passé par St-Gratien, Argenteuil, Sannoy. Le moulin d'Orgemont est gardé par les Prussiens. Le service d'Argenteuil est fait par la Garde nationale. Les habitants sont tous dévoués à notre cause. Bezons, même renseignement. Le Vésinet tenu par les Prussiens. Pour parvenir au Pecq l'on passe par le bac ou batelet. Le passage s'effectue facilement au Pecq. Gardiens de la paix, gendarmes et régiments de toutes armes. Il faut avoir un laissez-passer.On est fouillé jusque dans les parties cachées. Nous avons passé avec un batelet, le maître se nomme Têtu Dura (du Pointi St-Denis) maître-pêcheur. Arrivé à 11 heures du soir à la Machine de Marly ; passé la nuit à 40 mètres de la machine. St-Germain occupé à peu près par 3500 hommes de toutes armes. Démoralisés, les habitants le sont aussi, la ville a l'air en deuil.

    Les vivres ne peuvent pas sortir. Les gens de la campagne sont outrés, ils ne savent que faire de leurs denrées. Arrivés à la porte de St-Germain il faut aux paysans des laissez-passer, signés de leur maire ; la plupart remportent leurs marchandises.

    Notre travail ne peut pas se faire au moyen des clefs anglaises. Mais si nous pouvions avoir du picrate de potasse nous pourrions peut-être faire sauter la machine, quoique des patrouilles passent de quart d'heure en quart d'heure. Marly, Malmaison, Rueil et Nanterre sont occupés environ par 6 000 hommes. Il y a de l'artillerie active et jusqu'à de l'artillerie Schœcher et les hauteurs de Bougival-Louveciennes sont gardées par l'artillerie.

    Il y a un parc d'artillerie à la Malmaison. Je n'ai pu me rendre compte de l'importance du parc. Nous avons couché deux nuits dans les bois de Poissy et de la Malmaison et une nuit dans les bois du Vésinet. Nous sommes revenus sur Paris par la même route.

Le cas particulier de l'Asile impérial

L'Asile impérial, malgré les protestations des autorités civiles, a été contraint d'accueillir une ambulance de l'armée française. Mise en place par le médécin-chef dès le début septembre, elle a vu passer un premier convois de blessés dès le 2 septembre, mais celui-ci est aussitôt conduit à St-Germain. Le 15 septembre 1870, l'Asile reçoit un nouveau convoi de 50 blessés qui sont « installés à l'Asile du Vésinet dans les meilleures conditions possibles. Les propriétaires et habitants de la circonscription du Vésinet rivalisent entre eux de zèle pour offrir des appartements ou des parties de maison, où les blessés pourront être reçus et recevoir les soins particuliers de chaque famille. » [21]
Dès son arrivée, l'occupant Prussien expulse vers Metz les blessés et les médecins de l'ambulance et s'empare de son matériel. Les médecins de l'Asile protestent énergiquement. C'est en particulier le cas du docteur Chairou.

    Au moment où Paris allait être investi, le docteur Chairou refusa de quitter ses malades et resta au milieu des Prussiens qui remplirent son hôpital de leurs blessés. Il ne s'effraya pas d'une pareille tâche, et se mit à soigner Prussiens et Français avec le même dévouement. Mais, il arriva que les Allemands l'accusèrent de négliger leurs malades pour ne s'occuper que de ses compatriotes. M. Chairou fut un moment sur le point d'être fusillé, et ne dut son salut qu'à une attitude énergique. C'est à la suite de ces faits qu'on l'a honoré d'une croix qu'il a certes bien méritée. [22]

La situation de l'Asile, devenu national, justifiait encore, à la fin de décembre 1871, une interpellation de M. Meunier au conseil municipal de Paris, exigeant que « l'asile du Vésinet, actuellement converti en caserne et en ambulance militaire », fût rendu à sa destination première. M. Saglier fit part d'une demande analogue émanant du maire du 20e arrondissement, déplorant « l'installation au Vésinet d'une ambulance et d'un campement, contrairement à la destination réelle de cet établissement créé pour recevoir des femmes convalescentes. »
M. Léon Say promit d'intervenir dans ce sens auprès du ministre de l'intérieur. [23]

Une stèle sera posée dans le cimetière de l'Asile, à la mémoire des soldats morts pour la France au cours de la guerre de 1870-1871, décédés à l'ambulance du Vésinet. On en dénombre 132 sur les registres d'état-civil de Croissy. Une plaque avait été apposée dans le cimetière à leur mémoire.
Dans l'un des carrés du cimetière s'élève un socle de marbre gris sur lequel est gravée une inscription : « Cette statue a été érigée à ND. du Sacré-Cœur en reconnaissance de sa protection sur l'asile pendant le siège de Paris. 1870-1871 » En juillet 1976, les restes mortels de 18 militaires inconnus ont été recueillis sous le monument et transférés à l'ossuaire d'Epieds-en-Beauce (Loiret) par les soins du Ministère des Anciens Combattants.

On peut lire cette anecdote dans le Petit Journal [24]:

    Un propriétaire du Vésinet jardinait.

    Des cavaliers s'arrêtent à sa porte – surprise ! Ils sonnent – surprise plus grande !

    Se trouvant près de la porte, le propriétaire ouvre, et – surprise plus grande encore, il se voit en présence d'un officier de hussards prussiens escorté par quelques cavaliers.

      – Qu'y a-t-il pour votre service ? dit le propriétaire.

      –Je viens loger chez vous déclare l'officier dans un excellent français.

      – Ah ! votre billet de logement, s'il vous plait ?

      – Je n'en ai pas, mais je viens loger chez vous.

      – Monsieur, vous n'entrerez pas ! dit le propriétaire en se campant devant sa porte, à la façon d'un homme qui veut résolument défendre l'entrée de sa maison.

      – Comment ? s'écria l'officier, je n'entrerai pas ? et il dégaine son sabre.

      – Non, monsieur, riposte le propriétaire, qui a eu le temps de s'emparer d'une fourche à portée de sa main, non, monsieur, vous n'entrez pas chez moi sans billet de logement.

    Cette attitude ferme et calme, menaçante et audacieuse autant que l'était celle de l'officier prussien, et ayant, en plus, le bon droit de son côté, déconcerte l'officier, qui se retire en proférant des menaces contre le propriétaire et le pays où il recevait un accueil aussi peu chaleureux et en disant qu'on n'allait pas tarder à avoir de ses nouvelles. Et ses nouvelles, l'incartade sus-relatée aidant, ont été l'envoi de trois cents hommes au Pecq-Vésinet où l'on ne comptait qu'un poste de vingt hussards à peine. Certainement c'est une singulière façon de reconnaître les plus vulgaires éléments de la justice et du droit ; mais quand on est vainqueur, à quoi bon la justice ? à quoi bon le droit !

Si l'anecdote est vraie, les soldats prussiens de 1870 étaient plus "civils" que leurs prédécesseurs de 1815 qui avaient laissé dans la région de bien sinistres impressions par leur comportement brutal et sanguinaire qui a beaucoup fait pour la Haine du Boche qui perdurera durant 150 ans. On rapporte cependant dans les communes avoisinantes (Chatou, Bougival), des cas de citoyens récalcitrants ... fusillés séance tenante.

A mesure que les Prussiens évacuent les environs de Paris, les chasseurs sont autorisés à reprendre les armes et à faire parler la poudre et « à se venger ainsi sur le gibier, très nombreux cette année, du long silence auquel la guerre les avait condamnés. » Quelques détails sur la richesse giboyeuse de la banlieue parisienne sont donc à ce moment d'actualité dans la presse : Le lièvre et le lapin, ce dernier surtout, sont assez abondants au nord du Vésinet et dans les plaines de Cormeilles, de Houilles, de Sannois et de Montesson, à Carrières à Maisons ; aux abords de la forêt de Saint-Germain, les faisans, les perdreaux et les lapins, échappés du domaine national, se montrent en grande quantité. On chasse des perdreaux et des grives dans les bosquets de Montaigu, les vignes de Fourqueux, de Mareil et en général de tous les environs de la foret de Marly. Enfin les lapins affectionnent particulièrement les coteaux de Chennevières et de Champigny. [25]

Aphonse Pallu tirera ses propres enseignements des dramatiques épisodes que la guerre franco-prussienne avait déclenché dans la société française. Il publira un mémoire, intitulé La Souveraineté nationale et les réformes sociales en juin 1871. En août de la même années, un long article détaillé sur l'histoire de la colonie du Vésinet et son désir d' émancipation parait dans Le Français, témoignant d'une reprise de l'activité de l'Union des propiétaires.
Moins d'un an plus tard, une nouvelle campagne publicitaire illustrée par l'article de commande ci-dessous, [26] était lancée par la Compagnie Pallu tandis que les préparatifs de l'érection en commune reprenaient avec le dépôt le 27 juin 1872 de l'acte d'abandonnement de MM. Pallu & Cie au profit de la future commune [27].

Le Vésinet,

Cette fois, si vous le voulez bien, nous ferons ensemble une petite promenade au Vésinet. Je n'ai pas besoin d'ajouter que les trains y vont d'heure en heure, jusqu'à minuit et demi, en trente minutes tout au plus, — juste le temps d'une course moyenne dans Paris. Autrefois, on y chassait comme dans les autres forêts autour de Paris. Il y avait des ravins sauvages et de grandes mares pour emmagasiner l'eau des pluies. La chronique assure même qu'on y assassinait de temps en temps, quand les maréchaussées oubliaient de diriger leurs tournées vers ces coins déserts.

Depuis, les choses ont changé d'aspect. A travers le bois, on a percé des routes, des allées et des contre-allées ; on a creusé des rivières qui ont des resauts et s'en vont mourir dans cinq grands lacs, avec de vrais poissons pour y pécher. Le chemins de fer a deux stations, à l'entrée et à la sortie. C'est charmant. Sur ces terrains aux trois quarts vendus on a bâti des villas de tous les styles et pour tous les goûts; on a construit un village avec église, maison d'école, et bureau de poste. Tous les besoins ont été prévus. Pour les jours de fêtes hippiques, on possède un champ de courses qui fait déjà parler de lui, même en bien, malgré les mauvaises langues dont le besoin est de dénigrer.

Que vous dirai-je de plus ? le reste, vous le savez : tout autour, pour encadrement, on a les coteaux de Marly, de Louveciennes, de Bougival et de Saint-Germain, qui font des horizons bleus au travers des chênes, et, par surcroît, la Seine à côté.

Il me reste encore une chose à dire: on a prétendu que le sol du Vésinet ne se prêtait pas, ou se prêtait mal, à la culture des jardins. Allez voir ces parcs où tout pousse admirablement, et vous saurez si l'on a raison. Pendant les pluies, en toute saison, vous pourrez sortir sans sabots ni souliers à clous, parce que cette terre qu'on décrie ne retient pas l'humidité. Le soi-disant mal qu'on lui reproche devient un bien quand il s'agit de villégiature. Vous trouverez enfin, dans un air salubre, tous les agréments que l'on recherche à la proximité de nos boulevards. Que veut-on de plus ?

Quant à moi, pour prêcher d'exemple, j'ai planté ma tente dans cette oasis, et, si j'en parle avec des éloges, c'est que je sais ce que je dis.

Jules Varnier.

***

    [1] Sutter Laumann, Histoire d'un trente sous (1870-1871) chez A. Savine, Paris, 1891.

    [2] Pierre Arrivetz, Chatou de Louis Napoléon à Mac-Mahon 1848-1878, Editions Alan Sutton, 2005. Chatou compte alors un peu plus de 3000 habitants.

    [3] L'Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17 septembre 1870. Reprise d'un article du Gaulois.

    [4] Blanqui, Auguste (1805-1881) La Patrie en danger, A. Chevalier (Paris) éditeur, 1871

    [5] La Dépèche, n°15, 20 septembre 1870 et Le Rappel, 24 septembre 1870 (n°469); 11 novembre 1870 (n°517). On parle le plus souvent de "Prussiens" mais il semble que les occupants de notre territoire aient été plutôt des Wurtembergeois et des Saxons, tandis que la rive sud de Seine était occupée par des Badois et des Bavarois.

    [6]La Concorde, 15 septembre 1870.

    [7] L'Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 24 septembre 1870

    [8] Paris insurgé, histoire illustrée des événements accomplis du 18 mars au 28 mai 1871, Bragelonne, 1872.

    [9] Le Rappel, n°517, 11 novembre 1870.

    [10] La France, 28 septembre 1870.

    [11] Le Rappel, n°483, 8 octobre 1870.

    [12] Le Constitutionnel, 30 septembre 1870.

    [13] La Gironde, 1er octobre 1870.

    [14] Le Gaulois, n°949, 9 février 1871.

    [15] Le Figaro, 5 février 1871.

    [16] E. Viollet-le-Duc, Mémoire sur la défense de Paris: septembre 1870-janvier 1871, Vve A. Morel (Paris) 1871.

    [17] Le Gaulois, 10 février 1871.

    [18] Le Temps, n°3690, 17 avril 1871.

    [19] Le Cri du Peuple, 21 mai 1871.

    [20] Maurice Choury, La Pensée, Paris, n°132, avril 1967. Le reporter en question, la veuve Manière, se révélera une espionne au service de la Commune.

    [21]L’Industriel de Saint-Germain-en-Laye, 17 septembre 1870.

    [22] Le Figaro, n°222, 21 octobre 1871. Emile Chairou (1832-1883) fut promu chevalier de la Légion d'Honneur le 15, octobre 1871.

    [23] Journal des débats politiques et littéraires, 4 décembre 1871.

    [24] Le Petit Journal, n°3031, 20 avril 1871 et Sottise d'un officier prussien dans Le Petit journal 11 mai 1871. L'anecdote fut rapportée sous diverses variantes par plusieurs journaux y compris en province.

    [25] Le Petit Journal, 19 septembre 1871.

    [26] Le XIXe siècle, numéro 132, 2e année, 27 mars, 1872 et quelques autres titres (La France, Le Temps, Le Journal des Débats, Le Constitutionnel, ...) de mars à juin 1872.

    [27] Cet acte d'abandonnement sera suivi et entériné le 11 février 1876 par l'acte d'acceptation de la nouvelle commune du Vésinet.


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