Si vous avez des informations concernant la "Voiture Chameroy" ou l'usine de ce nom qui se trouvait Route de Sartrouville, merci de prendre contact avec la Société d'Histoire.

Ce que l'on sait :
Une entreprise construisait des automobiles au Vésinet, au début du siècle: Les bureaux et l'usine des Etablissements Emile Chameroy se situaient au numéro 73 de la route de Sartrouville. Hippolyte Chameroy, le père du fondateur de cette société, dont les statuts ont été publiés en 1908, avait été conseiller municipal du Vésinet en 1888-1898. La famille Chameroy était très impliquée dans les différentes oeuvres sociales locales.


Affiche (non datée)
Société d'Histoire du Vésinet

Les Etablissements Chameroy fabriquaient des voitures légères dont la principale originalité concernait le mode de transmission. Monsieur Chameroy avait déposé un brevet pour le système d'embrayage par courroie qu'il avait conçu. Le catalogue de 1909 présentait quatre modèles de voiture:

  • Type A (3 cv)
  • Type B (4 cv)
  • Type C (6,5 cv)
  • Type D (9 cv)

Etaient proposés à la vente, soit des châssis nus, sans pneus, soit des voitures complètes avec carrosserie à la demande. Il semble qu'il n'en existe plus aucun modèle aujourd'hui.

Il y avait en France, à cette époque, plus de 450 constructeurs d'automobile. On en a dénombré près de 1400 au total.

Mais avant la "Voiture Chameroy" de 1908, les établissements Chameroy existaient déjà, pour preuve cette carte postale, oblitérée à Paris le 27 décembre 1903, qui nous montre que Chameroy s'intéressait déjà aux voitures à défaut d'en construire. Exposant au Salon d'Automobiles (de quelle année ?) pour ses protecteurs antidérapants (pas encore pneumatiques), il disposait d'un dépôt à Paris.


Collection Ghestem

Au vu de cette carte postale publicitaire, on comprend mal pourquoi l'automobile à connu si vite un tel engouement !

[...] L'industrie de l'automobile est née à Paris.
Le Grand Palais, avec ses salons annuels à partir de 1901, puis les premiers magasins permanents sur les Champs et sur l'avenue de la Grande-Armée, mettaient ses produits en scène et lui servaient de points de vente. Les usines de construction se rassemblent alors en banlieue ouest sur les rives de la Seine, où les terrains sont moins chers. Dans les 36 communes qui forment, depuis 1964, le département des Hauts-de-Seine, on a pu inventorier pas moins de trois cents entreprises de construction automobile, sans compter les carrossiers, équipementiers et accessoiristes. On pense bien sûr à Louis Renault à Billancourt, mais on peut se souvenir aussi, et avant lui, de De Dion-Bouton à Puteaux, d'Alexandre Darracq à Suresnes, de Fernand Charron à Courbevoie ou d'Adolphe Clément, dit Clément-Bayard, à Levallois-Perret, pour ne citer que quelques grands.
Cette concentration de l'industrie naissante en région parisienne relève en partie de la disponibilité d'une main-d'œuvre qualifiée, rompue dans la capitale aux métiers de la carrosserie hippomobile, de la construction mécanique ou de la fabrication de bicyclettes. Mais elle s'explique surtout par la proximité d'une clientèle domiciliée majoritairement dans les arrondissements à l'ouest de Paris, une clientèle aux allures emmitouflées de "sportsmen", d'amateurs de "la vie au grand air", forcément aisés. Car la voiture automobile coûte très cher : le premier prix dans le catalogue Panhard et Levassor de 1892 est 5 000 francs, soit l'équivalent de quatre ou cinq années de salaire d'un ouvrier métallurgiste de la région parisienne. Et ce premier prix n'est qu'un début. Il faut d'abord faire carrosser le véhicule dont on n'a payé que le châssis avec le moteur. Ensuite, à moins d'être centralien ou garagiste, il faut encore pouvoir gager un chauffeur et le loger.
Une fois le fabuleux jouet acquis, qu'en faire ? Où le faire voir ? Où se retrouver ? Où aller ? Dans un premier temps, vers le bois de Boulogne, destination traditionnelle des équipages mondains, mais assez rapidement, toujours plus à l'ouest...

Paul Smith,
chercheur,
Sous-direction des études, de la documentation et de l'Inventaire,
Direction de l'architecture et du patrimoine

Sur les origines de l'industrie automobile en France, voir LAUX, James M. In First Gear, The French Automobile industry to 1914. Montréal : McGill-Queen's University Press, 1976.

 


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